La parole et la vie
LE POÈME FINAL
J'ai une forge dans le coeur.
Je sens plus pourpre que l'aurore,
Plus noyé que l'algue,
Plus lointain que la mouette,
Plus creux que les puits.
Mais je ne donne naissance
Qu'à l'écaille et qu'aux grains.
Ma langue se prend aux mots:
Je n'exprime plus blanc,
Je ne dis plus noir;
A peine le gris d'une falaise rongée,
Le bref vertige d'une ombre,
L'hirondelle entrevue
Et l'iris deviné.
Où sont les justes paroles,
Le feu sans agonie,
Le poème final?
En quel lieu est la vie?
Publicité