Vive le librio ! Il m'a permis de lire du Chedid.
Vive l'édition Librio !
Dans notre éloignement de toute culture en zone rurale, nous satisfaisions notre besoin littéraire en acquérant au milieu du beurre et des sopalins des ouvrages au prix alimentaire. Librio se trouve même dans les petits supermarchés des bleds "que même la france ne sait pas qu'ils existent" (dirait Kamini !) et cette maison d'édition n'hésite pas à proposer des auteurs classiques aux auteurs contemporains.
C'est ainsi que je me suis retrouvée avec mon premier Andrée Chedid entre les mains : L'autre, et là le choc d'un texte rugueux, basé sur l'immense merveille que l'être humain possède : la parole, pas celle qui tue mais celle qui construit.
Simm, un vieil homme traverse son village. La fenêtre de l'hôtel s'ouvre sur le visage d'un étranger, ils se sourient, ils se sentent déjà proches.
Brusquement la façade se lézarde puis s'effondre, l'hôtel disparaît dans un tremblement de terre. Simm poursuivra inlassablement la recherche de ce jeune homme, il le sent vivant.
Je ne vous raconte pas la suite encore moins la fin, je peux juste vous dire que j'ai aimé cette histoire comme j'aimais quand ma grande soeur le soir me racontait des contes où la parole devenait l'instrument de la vie. D'ailleurs ses romans se rapprochent de l'universalité des contes. Elle explore l'écrit pour offrir au regard à la fois la souffrance et la part d'espoir que recèle une vie.
Andrée Chedid est un écrivain libanais, née en Egypte et vivant en France depuis 1946. Romancière, dramaturge, poétesse elle s'attache à tenter de décrire les relations humaines dans des histoires qui paraissent simples mais qui révèlent des grands enseignements sur la condition humaine. La parole, le verbe est au centre de ses questionnements. Elle croit en l'homme et en ce moment cela fait un sacré bien de reprendre espoir avec elle à nos côté. Attention ne vous méprenez pas, elle ne raconte pas des histoires mièvres, naïves mais elle sait tirer le meilleur de ses personnages dans le monde contemporain avec ses avantages et ses inconveignants. Elle dénonce âprement la guerre au Liban, la souffrance des familles déchirées, la peur de celui qui survit (comme dans l'enfant multiple), le terrible déchirement de l'exil vécu comme "une maison sans racines".
Son fils Louis et son petit fils "M" chantent tous deux, comme vous devez le savoir et en bonne grand-mère elle lui a même écrit des paroles.
Quelques citations :
"J'écris pour essayer de dire des choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun ; j'espère ainsi communiquer. Les sujets que je choisis sont en général marqués par la tragédie et par l'espérance. Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde ; mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l'avenir."
" Avancer, reprendre joie, défier l'obstacle, peut-être le vaincre, puis aller de nouveau: tels sont nos possibles "
« C’est sans doute pourquoi j’ai toujours éprouvé ce besoin qu’une histoire ait un certain espace, presque comme un symbole, qu’elle soit toute simple, mais qu’elle contienne à l’intérieur quelque chose de tout un monde qui nous englobe un peu tous. »
« L’Art, c’est tout ce qui est en dehors de notre étroite peau. L’homme a toujours besoin d’échapper à son étroite peau. L’étroite peau, c’est l’autobiographie. Nous sommes plus que ça. »
Dans notre éloignement de toute culture en zone rurale, nous satisfaisions notre besoin littéraire en acquérant au milieu du beurre et des sopalins des ouvrages au prix alimentaire. Librio se trouve même dans les petits supermarchés des bleds "que même la france ne sait pas qu'ils existent" (dirait Kamini !) et cette maison d'édition n'hésite pas à proposer des auteurs classiques aux auteurs contemporains.
C'est ainsi que je me suis retrouvée avec mon premier Andrée Chedid entre les mains : L'autre, et là le choc d'un texte rugueux, basé sur l'immense merveille que l'être humain possède : la parole, pas celle qui tue mais celle qui construit.
Simm, un vieil homme traverse son village. La fenêtre de l'hôtel s'ouvre sur le visage d'un étranger, ils se sourient, ils se sentent déjà proches.
Brusquement la façade se lézarde puis s'effondre, l'hôtel disparaît dans un tremblement de terre. Simm poursuivra inlassablement la recherche de ce jeune homme, il le sent vivant.
Je ne vous raconte pas la suite encore moins la fin, je peux juste vous dire que j'ai aimé cette histoire comme j'aimais quand ma grande soeur le soir me racontait des contes où la parole devenait l'instrument de la vie. D'ailleurs ses romans se rapprochent de l'universalité des contes. Elle explore l'écrit pour offrir au regard à la fois la souffrance et la part d'espoir que recèle une vie.
Andrée Chedid est un écrivain libanais, née en Egypte et vivant en France depuis 1946. Romancière, dramaturge, poétesse elle s'attache à tenter de décrire les relations humaines dans des histoires qui paraissent simples mais qui révèlent des grands enseignements sur la condition humaine. La parole, le verbe est au centre de ses questionnements. Elle croit en l'homme et en ce moment cela fait un sacré bien de reprendre espoir avec elle à nos côté. Attention ne vous méprenez pas, elle ne raconte pas des histoires mièvres, naïves mais elle sait tirer le meilleur de ses personnages dans le monde contemporain avec ses avantages et ses inconveignants. Elle dénonce âprement la guerre au Liban, la souffrance des familles déchirées, la peur de celui qui survit (comme dans l'enfant multiple), le terrible déchirement de l'exil vécu comme "une maison sans racines".
Son fils Louis et son petit fils "M" chantent tous deux, comme vous devez le savoir et en bonne grand-mère elle lui a même écrit des paroles.
Quelques citations :
"J'écris pour essayer de dire des choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun ; j'espère ainsi communiquer. Les sujets que je choisis sont en général marqués par la tragédie et par l'espérance. Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde ; mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l'avenir."
" Avancer, reprendre joie, défier l'obstacle, peut-être le vaincre, puis aller de nouveau: tels sont nos possibles "
« C’est sans doute pourquoi j’ai toujours éprouvé ce besoin qu’une histoire ait un certain espace, presque comme un symbole, qu’elle soit toute simple, mais qu’elle contienne à l’intérieur quelque chose de tout un monde qui nous englobe un peu tous. »
« L’Art, c’est tout ce qui est en dehors de notre étroite peau. L’homme a toujours besoin d’échapper à son étroite peau. L’étroite peau, c’est l’autobiographie. Nous sommes plus que ça. »
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