Fred Vargas

Publié le par Dom

La Brigade des "pelleteux de nuages".
Comme toujours, je découvre après tout le monde l'écrivain incontournable et c'est un réel plaisir de lecture. Adamsberg est un commissaire principal à la tête de la plus incroyable brigade, composée d'éléments disparates, décrits par l'auteur avec une affection apparente. Attachés par un contexte décrit avec soin, elle nous emmène dans un dédale de situations tour à tour cocasses et surprenantes suivant l'esprit brumeux de leur chef semant avec indifférence le chaos parmi ses coéquipiers. J'apprécie ce personnage massif, peu soucieux des apparences, y compris la sienne, et pourtant brusquement préoccupé par des indices fumeux dédaignés par les rationnels. Il trouve son inspiration dans ses longues promenades sous la pluie auprès d'un fleuve qui lave ses idées afin d'en trouver le fil d'Ariane, rapportant à ses collègues un galet de ses voyages, cadeau encombrant censé servir de presse papier. De la folie au raisonnable il n'y a pourtant qu'un pas, j'aime l'idée que des méandres du brouillard finit par surgir le génie, c'est rassurant. Il cohabite avec des ombres, des intuitions qui ne le trompent jamais.
Les relations entre les différents personnages sont pertinentes. Ce commissaire mouvant est "cadré" par son adjoint, Danglard, le spécialiste des réponses aux questions, noyant dans le vin blanc ses interrogations sans fin. Il est également l'érudit, le rationnel, l'obsessionel connaissant par coeur l'ensemble des districts policiers.
Il résout ses énigmes en gardant des relations avec 3 universitaires fauchés : un archéologue préhistorien, un médiéviste spécialiste du repassage (pour survivre)... dont trois édredons illustrés pouvent lui servir d'alibi, et un historien de la seconde guerre mondiale.
Sans oublier les personnages de second plan qui ressortent comme des motifs sur une tapisserie. Veyrenc et son malencontreux atavisme familial : composer des vers. Le Guern, marin breton qui choisit de se sortir d'une mauvaise passe en épousant le métier de son arrière grand père défunt qui le visite régulièrement : crieur public ...
Je n'ai pas pris autant de plaisir à lire un polar depuis Boris Akounine et son Fandorine ou Alexander Mc Call Smith avec Ma Ramotswe...mais ce sera pour une prochaine fois.
Dernier détail auquel toute mère sera sensible : ce flic hors du commun arrive à endormir son fils de 9 mois rien qu'en posant la main sur sa tête...un vrai don ; ) En plus il ne rechigne pas à le garder quand elle en a besoin. Bon en même temps il lui lit Les techniques de construction de murs composés de galets et se permet de réveiller Danglard en pleine nuit pour lui demander la signification due l'opus spicatum sous prétexte que le "petit" veut savoir... étrange mais drôle. Et c'est sur ces deux mots que je finirai ce billet, ce qui caractérise ma lecture de cet auteur : l'ironie et l'irrationnel qui nous mène comme Thésée vers la sortie du labyrinthe suivant un fil tordu comme du vieux métal fatigué.

Courez et si ce n'est déjà fait dévorez :
- Dans les bois éternels
- Pars vite et reviens tard
Ajoutez :
- Léviathan de Boris Akounine
- Alexander Mc Call Smith Ma Ramotswe détective

... et vous obtiendrez de belles nuits blanches en perspective : )
Publicité

Publié dans Mes lectures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
C'est fait, en place d'honneur...
Répondre
K
<br /> J'en connais un (cher à mon coeur)qui appréciera ces livres. Mets-les lui de côté, il ne va pas tarder à venir.
Répondre