Vieille auto (2)
Nous avons laissé le propriétaire de cette magnifique voiture décatie bien ennuyé de devoir mentir à son véhicule inquiet, pressentant la fin.
Je veux passer en première, et comme d'habitude elle a du mal à s'enclencher. Je dois m'y reprendre à trois fois, en accélérant et en ralentissant, avant qu'elle passe.
- Excuse-moi je te prie, dit-elle. Mon petit vice habituel, je le sais.
L'aveu me donne un certain courage.
- Nous le guérirons ton petit vice. Nous les guérirons tous tes petits vices. Aujourd'hui, je te conduis chez un mécanicien de grande classe.
Nous sommes déjà sur les routes. C'est une très belle journée. Le soleil est riant.
Anglaise, la Mustag-Morrison est un être de peu de paroles. Mais aujourd'hui, après tant d'abstinence elle a envie :
- Chez un mécanicien, pour quoi faire ?
- Pour te remettre en état.
- Pourquoi ? Tu me trouves déprimée ?
- Une belle révision, je réponds en mentant sans vergogne, il en faut de temps en temps, non ?
Elle tousse un peu mais elle roule. Sa silhouette majestueuse fait se retourner quelques passants, je m'aperçois que cela lui fait plaisir.
Elle roule. Quand j'écrase l'accélérateur, son souffle se gonfle, élastique et puissant comme au beau temps jadis. Mais à peine je m'engage dans les rails du tram, elle fait soudain un vilain écart.
- Excuse-moi, dit-elle. Mon petit vice habituel, je sais.
- Est-ce que ce n'est pas la faute des pneus ? dis-je. Ils doivent être lisses.
Mais elle est anglaise, donc loyale :
- Ce n'est pas la faute des pneus. Les pneus sont en bon état. C'est vraiment un de mes défauts. La prochaine fois je ferai attention.
C'est une journée qui insuffle aux automobiles de la joie de vivre. Le vénérable engin, bien qu'un peu alourdi par l'hivernage, se retrouve plein de vigueur et de vivacité.
- Eh bien, ne puis-je m'empêcher de m'exclamer. Tu es en verve aujourd'hui !
Elle feint de ne pas m'avoir entendu et me demande :
- On peut savoir où nous allons ?
- Chez un mécanicien, je te l'ai dit. Un mécanicien très habile.
- Alors pourquoi m'as-tu dit qu'il s'agissait d'un tour d'essai ?
- Un petit tour d'essai, confirmai-je stupidement, avant d'aller chez le mécanicien.
Notre héroïne va-t-elle trouver un moyen d'échapper à son terrible destin ?
Rendez-vous demain ....
Je veux passer en première, et comme d'habitude elle a du mal à s'enclencher. Je dois m'y reprendre à trois fois, en accélérant et en ralentissant, avant qu'elle passe.
- Excuse-moi je te prie, dit-elle. Mon petit vice habituel, je le sais.
L'aveu me donne un certain courage.
- Nous le guérirons ton petit vice. Nous les guérirons tous tes petits vices. Aujourd'hui, je te conduis chez un mécanicien de grande classe.
Nous sommes déjà sur les routes. C'est une très belle journée. Le soleil est riant.
Anglaise, la Mustag-Morrison est un être de peu de paroles. Mais aujourd'hui, après tant d'abstinence elle a envie :
- Chez un mécanicien, pour quoi faire ?
- Pour te remettre en état.
- Pourquoi ? Tu me trouves déprimée ?
- Une belle révision, je réponds en mentant sans vergogne, il en faut de temps en temps, non ?
Elle tousse un peu mais elle roule. Sa silhouette majestueuse fait se retourner quelques passants, je m'aperçois que cela lui fait plaisir.
Elle roule. Quand j'écrase l'accélérateur, son souffle se gonfle, élastique et puissant comme au beau temps jadis. Mais à peine je m'engage dans les rails du tram, elle fait soudain un vilain écart.
- Excuse-moi, dit-elle. Mon petit vice habituel, je sais.
- Est-ce que ce n'est pas la faute des pneus ? dis-je. Ils doivent être lisses.
Mais elle est anglaise, donc loyale :
- Ce n'est pas la faute des pneus. Les pneus sont en bon état. C'est vraiment un de mes défauts. La prochaine fois je ferai attention.
C'est une journée qui insuffle aux automobiles de la joie de vivre. Le vénérable engin, bien qu'un peu alourdi par l'hivernage, se retrouve plein de vigueur et de vivacité.
- Eh bien, ne puis-je m'empêcher de m'exclamer. Tu es en verve aujourd'hui !
Elle feint de ne pas m'avoir entendu et me demande :
- On peut savoir où nous allons ?
- Chez un mécanicien, je te l'ai dit. Un mécanicien très habile.
- Alors pourquoi m'as-tu dit qu'il s'agissait d'un tour d'essai ?
- Un petit tour d'essai, confirmai-je stupidement, avant d'aller chez le mécanicien.
Notre héroïne va-t-elle trouver un moyen d'échapper à son terrible destin ?
Rendez-vous demain ....
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