Poésie marine

Publié le par Dom

Une poésie d'Aloysius Bertrand, qui aime toujours jouer avec les sonorités pour faire valser les images.

« Écoute ! — écoute ! — c'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.
Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.
Écoute ! — écoute ! — mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sœurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! »
Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.
Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse, décapitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.
Je n'ai pas retrouvée celle proposée à mes élèves mais je suis tombée par hasard sur celle-ci.
Pâmoison de la beauté du langage.
J'ai de mon côté une raison de pleurer sur les poésies de cet auteur, en mémoire d'un ami. Je ne sais pas si j'en parlerai un jour mais je garde en moi son terrible souvenir. Où que tu sois tu resteras toujours gravé en moi par ton acte d'héroïsme fatal.
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Publié dans poésie

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D
Il fallait dire dépité sûrement, je vais aller vérifier sur le net.<br /> mille excuses et merci pour ce nouveau texte que je mettrai à l'honneur. Ce poète décidément me fait ressentir tant d'émotions que je ne saurai l'exprimer.<br /> Dom
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K
Pleurer quelques larmes puis pousser un éclat de rire,quelle performance pour une ondine "décapitée"!
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K
Jean des Tilles<br /> "Ma bague! ma bague!" Et le cri de la lavandière réveilla dans la souche d'un saule un rat qui filait sa quenouille.<br /> Encore un coup de Jean des Tilles, l'ondin malicieux et espiègle qui ruisselle et rit sous les coups redoublés du battoir!<br /> Comme s'il ne lui suffisait pas de cueillir aux épais massifs de la rive les nèfles mûres qu'il noie dans le courant!<br /> Jean le voleur! Jean qui pêche et qui sera pêché! Petit Jean que j'ensevelirai blanc d'un linceul de farine dans l'huile enflammée de la poêle.<br /> Mais alors les corbeaux qui se balançaient à la verte flèche des peupliers croassèrent dans le ciel moite et pluvieux.<br /> Et les lavandières, troussées comme des piqueurs d'ablettes enjambèrent le gué jonché de cailloux, d'écume, d'herbe et de glaïeuls!<br /> Aloysius Bertrand.<br />
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