Dernier sablier...snif !

Publié le par Dom

Le sablier dernière édition et comme toute dernière fois voici venu le temps des remerciements. Merci à vous deux Samantdi et Kozlika pour ces moments de bonne heure !!!! Si vous n’avez pas encore participé, sachez que ce soir vous devrez aller sur le site de Samantdi pour la dernière fois, piocher l’amorce et rédiger un texte de votre cru commençant par cette phrase.
 
Vivre

Le bonheur vient-il de ces deux mots : la bonne heure? Cela voudrait-il dire qu'il vient toujours à la bonne heure? Le bonheur est-il ponctuel?, C’est ainsi que j’ai fini mon dernier ouvrage de philo, dernier parce que j’ai décidé à ce moment de refuser tout nettement de réfléchir sans fin à des pensées compliquées avec des raisonnements tordus et que j’ai accepté de vivre. Vivre, en oubliant à dessein l’immense puissance intellectuelle d’un cerveau qui chez moi a toujours été formaté à la réussite au détriment du corps, de l’amour, du bonheur. Je crois que c’est assise sur mon fauteuil, plié par mon gargantuesque poids acquis par une immobilité que je suis forcée à adopter, et préparant ce livre tant attendu sur le bonheur que j’ai compris l’immense vanité de mes propos. Que pouvais-je explorer, expliquer, moi qui n’ai jamais pris le risque ni de rire, ni de pleurer ? Rien que de me dire que ces mots, les miens, allaient être décortiqués dans de sombres universités ou par un public aussi décrépi que moi, je pris une grande décision : refuser ce que mes parents voulaient faire de ma vie, un cerveau qui aurait pu aussi bien être installé dans un bocal. Ce fut la bonne heure, la mienne, celle où je respirai un air extérieur pour la première fois, maman avait toujours refusé que je sorte par peur que je fusse détournée de mes tâches intellectuelles quotidiennes. Bien sûr, cette bonne heure ne fut pas tout de suite bonheur. On ne vit pas recluse pendant tant d’années et supporter, sourire aux lèvres, la frénésie de la vie. Mon corps était lourd à porter, il attirait les regards que j’analysais : moquerie, dégoût, frustration. Cependant, comme j’avais mangé et accumulé tant de réserves, je laissai derrière moi cette prison et décidai d’aller là où mes jambes me porteraient. J’ai fondu au rythme de mes pas et c’est une jeune femme svelte qui découvrit une semaine plus tard l’odeur et le piquant de la mer. L’odeur, oui, enfin une réalité, un bonheur ponctuel, une immensité qui remplissait le cœur : le monde s’ouvrait à moi et il était infini. J’ai rencontré un marin, à la peau rugueuse que je touchais avec passion et bien que je connus déboires, chagrins, autres hommes, je n’oubliai pas cette expérience charnelle. Kant n’avait plus qu’à partir de ma vie avec sa méfiance des sens, je m’enivrai de sentir, toucher, goûter, entendre sans me soucier de mon ancienne réticence à tenir compte de ma propre sensibilité. Ce n’est que bien plus tard, tranquillement installée dans une paillote que je découvris mon livre. L’auteur célèbre, disait-il, avait brutalement disparu, laissant sa porte ouverte et sa dernière question brillant sur son écran, comme un angoissant message (imagination débordante, histoire de pimenter l'affaire, les éditeurs savent y faire). Aujourd’hui mes mots ont revêtu leur vraie signification : comment enfermée, engoncée dans un cerveau surpuissant, j’étais arrivée à la même conclusion que plusieurs années d’aventures : le bonheur avait frappé à la bonne heure
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Publié dans Atelier d'écriture

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D
Merci beaucoup Luciole.
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L
J'aime bien ce que tu as fait cette amorce ;-)
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D
Oxygène, je suis d'accord avec toi, cette femme araignée, éléphantine, quitte son enveloppe qui semblait presque comme une protection, elle l'abandonne sur la route comme la libellule abandonne sa peau sur une feuille pour s'envoler vers la vie. Femme métaphore d'une société qui contraint l'enfant à oublier son propre corps dès 6 ans, qui le domestique, l'empêche de bouger, de toucher, de créer des choses avec ses mains et surdéveloppe le cerveau, au grand dam de ceux qui rêveraient d'extérieur, de liberté, de créations. Raccourci d'une certaine forme d'échec scolaire.
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D
Merci beaucoup pour vos commentaires qui me vont droit au coeur.<br /> Akynou, désolée, je ne sais même pas si j'y peux quelque chose, je ne gère pas vraiment tout et je ne suis qu'utilisatrice. J'ai encore trop peur pour me lancer avec dotclear...Tu as raison, ce texte est proche du conte exprimant la nécessité dans cette société du cerveau l'importance, souvent oubliée, du corps.<br /> Merci Mavie pour ta gentillesse.
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A
Un joli conte philosophique et maintenant que j'ai mis mes trois mots, je vais me battre avec ton capcha. Hier il a fallu que je m'y reprenne à deux fois :-)
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