Poésie d'homonymes

Publié le par Dom

J'avais promis de mettre en lumière le texte de Devos proposé par Fleurlou (merci à toi...), voilà chose faite :

Je ne résiste pas au plaisir de déposer ici, un fragment du génie Devos :

" Caen

J'avais dit, "pendant les vacances, je ne fais rien!... rien!...
je ne veux rien faire".
Je ne savais pas où àller.
Comme j'avais entendu dire: "A quand les vacances?... A quand les vacances?..."
Je me dis: "Bon!... je vais aller à Caen...
Et puis à Caen!... ça tombait bien, je n'avais rien à y faire."
Je boucle la valise... je vais pour prendre le car... je demande à l'employé:
- Pour Caen, quelle heure?
- Pour où?
- Pour Caen!
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où?
-Comment? Vous ne savez pas où est Caen?
- Si vous ne me le dites pas!
- Mais je vous ai dit Caen!
- Oui!... mais vous ne m'avez pas dit où!
- Monsieur... je vous demande une petite minute d'attention! Je voudrais que vous me donniez l'heure des départs des cars qui partent pour Caen!
- !!...
- Enfin!... Caen!... dans le Calvados!...
- C'est vague!
- ... En Normandie!...
- !!...
- Ma parole! Vous débarquez!
- Ah!... là où a eu lieu le débarquement!... En Normandie! A Caen...
- Là!
- Prenez le car.
- Il part quand?
- Il part au quart.
- !!... Mais (regardant sa montre)... le quart est passé!
- Ah! Si le car est passé, vous l'avez raté.
- !!... Alors... et le prochain?
- Il part à Sète.
- Mais il va à Caen?
- Non il va à Sète.
- !!... Mais, moi, je ne veux pas aller à Sète... Je veux aller à Caen!
- D'abord, qu'est-ce que vous allez faire à Caen?
- Rien!... Rien!... Je n'ai rien à y faire!
- Alors si vous n'avez rien à faire à Caen, allez à Sète.
- !!... Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire à Sète?
- Prendre le car!
- Pour où?
- Pour Caen.
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où!...
- Comment!... Vous ne savez pas où est Caen?
- Mais si je sais où est Caen!... ça fait une demi-heure que je vous dis que c'est dans le Calvados!... Que c'est là où je veux passer mes avacances, parce que je n'ai rien à y faire!
- Ne criez pas!... Ne criez pas!... On va s'occuper de vous.
Il a téléphoné au Dépôt.
Mon vieux!... (regardant sa montre) :
A vingt-deux, le car était là.
Les flics m'ont embarqué à sept...
Et je suis arrivé au quart.
Où j'ai passé la nuit! "
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Publié dans Atelier d'écriture

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