La poésie comme cataplasme

Publié le par Dom

Voilà ici le poème préféré de mon adolescence, vous savez ce drôle d'âge bizarre où tout bascule, où plus rien ne nous va, où le spleen infini s'empare de nous dans le lent déroulement d'une vie qui ressemble à une barque sur un fleuve en furie. C'est la confrontation entre la vie rêvée et la vie réelle. La fin des contes de fée. Comment en sortir indemne ?

Devenir petit à petit adulte, se forger sa propre réflexion sans dénigrer l'apport de la famille et ne pas oublier qu'en fin de compte ce qui est important c'est de survivre malgré la conscience aigûe du déséquilibre de la société. Alors il y a la lecture, les poètes, les auteurs qui nous donnent les moyens de poser des mots sur les sentiments rageux qui nous envahissent. Garder intact les capacités de l'enfance d'oublier pour être heureux et la terrible conscience de l'adolescence qui nous aide à crier sans accepter.

Et là la rencontre fascinante s'opère entre les mots et nous. Les poètes nous portent, nous offrent les mots à poser comme un cataplasme sur notre mal-être. Mais la désespérance ne doit pas nous faire oublier la saine révolte qui continuera à faire de nous des êtres solidaires du malheur d'autrui.

Ne jamais passer à côté de la douleur.

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.


Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.


Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...


Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Gérard de Nerval
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Publié dans Et moi qui suis-je

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C
Tiens vas donc voir chez OBNI ce qu'on peut faire avec ce poème..... un des commentaires du mois de mai signé Emiole (un pseudo que j'utilise uniquement chez Obni).<br /> A part ça, c'est joli chez toi mais je n'ai pas fini de visiter et je n'ai pas encore compris où tu es. Je crois savoir que tu es instit, que tu as deux enfants, et c'est tout......<br /> Dans qui suis-je, ce n'est pas bien clair....
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