Perceval le gallois, Chrétien de Troyes : un combat qui résout les problèmes !
A l'issue d'un combat mémorable, le chevalier, inventé par mes élèves, décide du sort du vaincu, cela l'aide à résoudre le problème posé (ils avaient le choix entre un complot contre le roi, une damoiselle enlevée ou des menaces de mort). Pour les aider dans la rédaction de leur élément de résolution, nous allons lire demain un extrait de Perceval. Leur roman de chervalerie est bientôt fini....
L’issue du combat
Perceval vient en aide à une damoiselle, son château est menacé par un chevalier cruel : Aguingueron.
Perceval demande ses armes. On l’habille, on le fait monter à cheval, la porte s’ouvre. Il sort sous les clameurs des habitants, priant pour sa réussite. Les assiégeants le voient venir et le montrent à Aguingueron assis devant sa tente.
- Valet ! Qui t’envoie ici ? Viens-tu quérir la paix ou la bataille ? , clame, méprisant, Aguingueron.
- Et toi d’abord, que fais-tu ici ? C’est à toi de répondre le premier, pourquoi as-tu tué les chevaliers et ravagé la terre de cette damoiselle ? Je veux qu’aujourd’hui même on vide le château et qu’on lui rende sa terre.
L’autre dans son orgueil lui répond :
- Au diable de telles paroles et celui qui les dit ! Il n’en ira pas comme tu crois. Je ne rendrai rien et épouserai la damoiselle, de gré ou de force.
Perceval en a assez. Il abaisse sa lance et les deux adversaires se précipitent l’un sur l’autre de toute la vitesse de leur cheval. Ils sont en colère, leurs bras sont robustes : les lances volent en éclat. Malgré son bouclier, Aguingueron est blessé au bras et à l’épaule ; il sent une douleur aigue et tombe de son cheval. Perceval, qui reste sur le sien, est embarrassé un instant puis saute à terre, tire l’épée et fond sur son adversaire. Impossible de vous raconter toutes les passes une par une mais la bataille fut longue et ardente. Enfin Aguingueron s’abat sur le sol et Perceval se jette furieusement sur lui.
- Pitié, crie le chevalier, ne sois pas cruel épargne-moi. Je reconnais hautement que tu es un bon chevalier et que tu as eu le dessus. Je parlerai à mes troupes qui partiront sur le champ et tu pourras m’envoyer dire la victoire à un de tes amis, je m’en remettrai à ce qu’il décidera pour moi.
- Je sais où tu iras, à ce château, tu diras à la belle que jamais plus en toute ta vie tu ne lui nuiras et tu te mettras à sa merci.
- Mais c’est ma mort ! Elle me fera tuer : c’est son désir le plus cher. J’étais de ceux qui ont tué son père.
- Alors tu iras en la prison du roi Arthur. Tu le salueras pour moi et tu diras à Keu que je reviendrai venger la damoiselle qu’il frappa quand je suis passé.
Ce message-là, le vaincu est tout prêt à le délivrer. Il part, après avoir ordonné d’emporter son étendard et de lever le siège. Tous s’en vont, il n’y reste ni blond, ni brun.
Perceval revient au château en héros, la damoiselle se jette dans ses bras.
Perceval le Gallois, Chrétien de Troyes
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