Le combat de chevalier

Publié le par Dom

Dans nos romans de chevalerie, le héros se trouve maintenant confronté à un combat.
J'ai proposé en littérature le texte de Tristan et Iseult : le combat avec le géant Morholt.

Un combat entre chevaliers
 
Un grand péril menaçait la terre du roi Marc. Le Morholt d’Irlande était arrivé. C’était un guerrier redouté, d’une taille gigantesque. Il venait réclamer un tribut : il devait emporter trois cent jeunes garçons et trois cent jeunes filles de quinze ans, tirés au sort parmi les familles de Cornouailles. Cependant, si un champion du roi Marc s’offrait à combattre le géant seul à seul et l’emportait sur lui, la Cornouailles serait libérée de ce tribut. Tristan apprit les exigences du Morholt, il vit que les seigneurs baissaient la tête, cloués sur place par la peur et qu’ils ne soufflaient mot. Au moment où le géant entra dans la salle du conseil, persuadé de trouver les jeunes gens prêts à partir, Tristan se leva, d’une voix calme et tranquille il demanda au roi Marc de lui accorder le droit de combattre.
Il fut décidé que le combat aurait lieu dans l’île de Saint Samson, en face de Tintagel. Cette île était couverte d’arbres aux épais branchages et nul être vivant n’y habitait si bien que personne ne se trouverait là pour assister au combat ou aider un des deux adversaires. Au matin du jour fixé le roi lui lace le haume, lui ceint l’épée et le regarde ramer vers l’île. Le géant au même instant amarre sa barque. Le Morholt admirant la vaillance de son adversaire lui offre un accord : « Renonce à la bataille : je te donnerai en échange mon amitié et partagerai avec toi tous mes trésors ». Tristan refuse avec dédain. Tous deux engagent le combat à pied, farouchement dressés l’un contre l’autre et brandissant leurs épieux.
« Sache-le, rugit Morholt, chaque blessure que fait mon épieu est mortelle, la pointe en est empoisonnée par magie et tu ne trouveras nul médecin pour te guérir. »
Pour toute réponse, Tristan assène un rude coup sur le haubert du géant, mais son fer ne peut en ouvrir les mailles. Morholt riposte avec un terrible coup de son épieu : traversant la cuirasse du preux1, la pointe s’enfonce dans la hanche et pénètre jusqu’à l’os mais la hampe se brise et vole en éclats sous la force du choc. Tristan saisit aussitôt son épée, le Morholt dégaine la sienne et les deux lames s’entrecroisent avec des éclairs que la foule parfois aperçoit du rivage. Tout à coup l’épée de Tristan heurte avec une telle violence le casque du géant que la lame tranche le métal et s’enfonce dans le crâne. Le géant s’effondra sur le rivage. Tristan exultait2, il reprit la barque mais à peine revenu en face du roi, sa vigueur fut vaincue par la force du venin et il tomba sans connaissance.
Les meilleurs médecins ne purent le guérir, au bord de la mort il demanda à être placé dans une barque et envoyé au-delà des mers, seul, sans rames, sans voiles mais avec sa harpe. Sept jours et sept nuits les flots l’entraînèrent sans répit au gré des vents et des courants. Par moments Tristan chantait accompagné de sa harpe. Un matin, à l’aube il s’aperçut que la mer l’avait poussé vers une terre qu’il n’avait encore jamais vue.
 
1- preux : courageux
2- exultait : était heureux

A cet instant, je leur ai demandé d'inventer la suite (comment Tristan allait-il guérir ?) et l'après-midi nous avons lu la suite :

Il se mit à chanter et des marins se rapprochèrent et découvrirent un blessé, couché au fond de la barque et qui semblait épuisé. Tristan leur demande quel était ce pays où la mer l’avait jeté. « C’est l’Irlande » répondirent-ils. Grande fut l’inquiétude de Tristan en voyant que les vents l’avaient emportés vers le pays du Morholt. Mais puisqu’il était impossible de reculer, il fut emmené au palais où il raconta un mensonge au roi :
« Sire, je suis jongleur breton. Mon nom est Tantris. J’avais pris passage sur un bateau norvégien. Des pirates ont attaqué l’équipage pour s’emparer de la cargaison. Au cours de l’abordage, j’ai reçu une grave blessure et je n’ai dû mon salut qu’à une petite barque sans voiles ni rames ni gouvernail sur laquelle j’ai pu me hisser avec ma chère harpe. »
Le roi Gormond pria la reine de le guérir, ce qu’elle fit. Une fois soigné, il devait se reposer et selon la coutume, la fille du roi, Iseult à la chevelure d’or, lui servait de garde-malade : elle lui tenait compagnie, lui changeait les pansements. En échange, il lui apprit à chanter et jouer de la harpe. Cependant, comme Tristan redevenait fort et vaillant, il craignait d’être reconnu, il quitta donc l’Irlande et retourna en Cornouailles où il fut accueilli avec de grandes fêtes.

Ils se serviront ensuite de ce texte pour rédiger leur propre combat entre chevaliers.
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Publié dans Littérature cycle 3

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