J'ai vécu et aimé : la classe de mer, évidemment, avec des enfants de campagne qui pour certains n'étaient jamais sortis de leur village (si, si, ça existe encore !) mais aussi une classe astronomie, de loin ma préférée de toutes.
Arrivée depuis deux ans dans cette nouvelle école, j'ai été tentée par cette nouvelle formule de classe verte, particulièrement intéressante, découverte dans un stage de formation continue en sciences passionnant.
La classe parc consiste en une démarche un peu particulière, tournée vers une intitiation intelligente à la complexité de l'éducation à l'environnement et au développement durable/ EEDD (pour en connaître les objectifs vous pouvez-vous rendre sur ce site). Si vous avez le courage de lire ces pages, vous comprendrez la difficulté de faire appréhender aux élèves les situations qui sont forcément complexes. On essaie d'éviter les réponses trop simplistes en termes de bons/méchants.
Quels organismes peuvent aujourd'hui répondre à ces questions : les parc régionaux. Je n'en connaissais le fonctionnement que de loin mais en réalité le parc est une table ronde autour de laquelle les différents acteurs du lieu (municipalités, entreprises, chasseurs, parcs de loisirs, habitants....) essaient de réfléchir ensemble à une gestion, la plus efficace possible en terme de préservation, du lieu qu'ils partagent. Du coup ils ont eu l'idée de proposer aux élèves qui iraient dans des centres situés dans leurs parcs (et qui décident de jouer le jeu) une démarche de réflexion semblable.
Pendant 5 jours, les élèves découvrent le lieu, rencontrent les différents acteurs de la vie locale et essaient de répondre à une problématique posée en intégrant les point de vue qui divergent parfois.
Bon tout cela peut vous paraître un peu complexe et flou, rien de tel qu'un petit exemple.
Nous allons partir avec nos élèves (j'ai réussi à embringuer un collègue dans le projet, que je remercie ici vivement de prendre part au train !) dans un parc régional avec comme question en poche :
"Comment peut-on gérer la forêt ?"
Evidemment pour l'instant leur vision est plutôt manichéïste avec une idée très arrêtée mais aussi très abstraite de ce qui est bien ou pas.
Au cours de la semaine ils vont :
- explorer la forêt
- visiter une scierie et de l'atelier d'un charpentier
- visiter un ENS (espace naturel sensible) : un étang, vous savez je pense l'importance donnée ces derniers temps aux zones humides.
- rencontrer les acteurs du parc : un responsable du parc, un représentant de la municipalité, le responsable d'un site d'accrobranches, un chasseur, un représentant de l'ONF (office national des forêt).
Chaque soir, un fil rouge est organisé par un membre du parc, les informations glanées sont organisées, traitées, réfléchies.
A la fin du séjour, ils participent à un jeu de rôle où une réunion de parc virtuelle est organisée, chaque enfant jouant le rôle d'un membre, avec ses propres besoins.
Pour le plaisir, les soirées sont réservées à des veillées :
- veillées affût (dans le soir aller observer des animaux nocturnes)
- une soirée astronomie (avec un excellent animateur qu'on a pu récupérer pour l'occasion)
- une soirée bal folklorique avec le groupe de notre intervenant musique qui monte pour l'occasion
Evidemment le travail ne commence et ne s'arrête pas au séjour.
En amont un certain nombre de notions doivent être travaillées (le cycle de vie de l'arbre, les chaînes alimentaires, l'étagement de la végétation en montagne, l'observation d'un forêt locale...).
En aval, la préparation d'une présentation qui sera faite aux parents dans le cadre d'une expo-sciences (pendant laquelle les élèves présentent un sujet de sciences par eux-mêmes), j'en reparlerai ultérieurement, c'est un peu mon dispositif préféré que je reconduis chaque année.
Pourquoi une classe parc ?
J'en ai exposé les raisons pédagogiques, évidemment les raisons financières comptent également, les participations sont nombreuses et généreuses (le parc, le conseil général voir l'Education nationale y participent) et le prix de revient n'est pas excessif.
D'autre part, la distance à réaliser en car n'est par trop grande, dans une école où les classes transplantées ne sont pas le lot quotidien (aucune programmée depuis des années), cela a permis de rassurer les parents inquiets mais ravis de la chance donnée à leurs enfants.
Voilà donc j'abandonnerai ma propre famille pendant 4 jours (et non pas 4 jours de vacances selon l'expression malheureuse d'un des parents ;) ni pour nous, ni pour les élèves qui apprennent avec plaisir dans un cadre nouveau) pour aller étudier l'environnement in situ !
Et de belles promenades dans de vraies forêts en vue ! Vous ne trouvez pas cela propice aux contes enchantés ???

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