Métier : enseignante (cela va de pair, si l'on ne croit pas en l'avenir comment pouvons-nous le former ?)
Autre métier : Maman de deux bambins (5ans 1/2 et 1 an)
Je viens de découvrir que deux ce n'est plus un et cela veut tout dire !!!!)
Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère que ça va fonctionner....
Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.
Petite information nécessaire : J'ai fait quelques études de philosophie après le bac. J'en ai gardé une grande méfiance pour les doctrines établies qui pensent à ma place. La philosophie modifie profondément le regard sur le monde et rend sceptique. La métaphore de la caverne dans Platon c'est véritablement cela.
"Le visage et le corps des philosophes abritent ces personnages qui leur donnent souvent un air étrange, comme si quelqu'un d'autre voyait au travers de ses yeux" (Deleuze)
Je n'aurai pas la prétention de dire que j'en suis arrivée là, la vie chaque jour recommencée, le quotidien qui s'empare de nous fait que le regard s'émousse et que le mouvement d'éternel retour nous éblouit. Je considère cependant qu'une formation de la pensée, même avant la terminale, serait essentielle surtout dans ce monde qui se complexifie de plus en plus. La philosophie a sa place mais veut-on lui donner ? C'est un autre débat. A-t-on besoin d'hommes qui pensent ou d'hommes qui suivent ?
Vous savez quand on vous demande ce que vous voulez faire dans la vie, cela commence souvent avec le métier de ses parents. Mon père : ingénieur en technique des fluides :
1- Pour apprendre toute cette phrase il m'a fallu du temps
2- Pour compredre il m'en a fallu encore plus et les cours d'économie où nous devions visiter de fond en comble une entreprise.
Mais si vous étiez comme moi une redoutable littéraire verbeuse avec pas un sou de conscience mathématiques la terminale scientifique a achevé de détruire en vous la moindre envie de continuer. Vocation ratée ? Probablement. Cependant cela ne m'a pas empêcher d'aimer la physique (un peu moins les maths quoique la beauté des nombres commence à m'effleurer !). Alors, quand j'ai été instit je me suis particulièrement intéressée à la main à la pâte. Je suis allée faire un stage particulièrement gratifiant intitulé Graine de Sciences et là vous découvrez que les sciences et les scientifiques sont loin des affreux bonhommes incompréhensibles que vous imaginiez. Pendant 1 semaine vous cotôyez des prix nobels ou des chercheurs, à table, pendant les ateliers, qui non seulement vous parlent mais répondent à vos questions en se mettant à votre niveau. Pour participer à ce stage posez votre candidature sur le site de la main à la pâte.
Je citerai ici Joan Sfar (auteur de BD), pris dans le blog de Manu Larcenet (vous savez l'illustrateur de Retour à la terre) :
« S'adresser au plus grand nombre. C'est pas populiste, ça relève de la courtoisie. Je ne fais pas l'apologie d'une pensée simple ou simplifiée, mais il n'y a rien à perdre à essayer de la rendre intelligible. »
En passant petite pub pour une BD qu'il a écrite et qui vient de sortir, je ne l'ai pas encore lue mais elle a de très bonnes critiques : La vallée des merveilles. A suivre !
Ce qui est le plus difficile et le plus attrayant dans notre métier (qui comme vous le voyez est souvent très proche dans notre vie personnelle, raccocher la veste ? Impossible) c'est la polyvalence. Cela me convient particulièrement ayant toujours détesté faire un choix. Attention me disait-on, à force de faire le papillon tu n'approfondiras rien véritablement. Mais contrairement à ce que l'on me prédisait je suis juste devenue instit et ce que j'apprécie réellement c'est à la fois de pouvoir explorer des domaines ou des sujets très variés. Egalement de se laisser surprendre par les questions d'enfants qui nous forcent chaque jour à évoluer, modifier nos façons de voir et de penser.
Ce que ce métier devient aujourd'hui, à l'image de toute notre société, me pose cependant problème. Nous sommes de plus en plus formatés, obligés de rentrer dans des cases, des chiffres et la fameuse loi LOLF (obligation de résultats pour faire simple) me laisse perplexe. Il est intéressant de voir à quel point la rationnalité et le besoin de justifcation contribue à nous rendre imperceptiblement aveugle à l'humain. Il est intéressant de voir les critères retenus pour attester de la bonne marche de l'Education Nationale (et justifier ainsi son budget). Ces informations sur ceux qui nous régissent permet d'analyser ce qu'on nous demande sous un jour différent.
Les mots "bien aimés" des instits sont à chaque coin du site : "performance, des objectifs qui visent à accroître, dans le cadre des moyens alloués, l’effet des politiques publiques ou la qualité des services rendus, au moindre coût. Ils ne cherchent pas à rendre compte de ce que fait l’administration, mais de l’impact de son action, de ses résultats: l’enjeu est comment dépenser mieux ?"
C'est intéressant de retrouver aussi ce qu'on nous demande également et qui parfois nous fait râler, les termes : objectifs, critères, indicateurs, qui ne sont autres que des termes provenant de l'évaluation du travail en entreprise. Dans quel monde vivons-nous ?
Site à consulter les jours de soleil (sur son balcon si possible et avec une ptite tisane ou bien avec les comprimés de nervocalm utilisés par le père de Mafalda, vous savez la célèbre BD de Quino !) :
http://www.minefi.gouv.fr/lolf/5_1_98.htm#
Un extrait :
Objectif n° 1 (du point de vue du citoyen) : Conduire tous les élèves à la maîtrise des compétences de base exigibles au terme de la scolarité primaire.
Indicateur n° 1 : Proportion d’élèves maîtrisant, en fin d’école primaire, les compétences de base en français et en mathématiques
Indicateur n° 2 : Proportion d’élèves entrant en sixième avec au moins un an de retard
Indicateur n° 3 : Proportion d’élèves ayant atteint en langue étrangère le niveau A1 du cadre européen de référence.
Indicateur n° 4 : Proportion d’élèves apprenant l’allemand (ce n'est pas une plaisanterie !)
Indicateur n° 5 : Proportion d’élèves ayant atteint, à l’issue de leur scolarité primaire, le niveau 1 du Brevet Informatique et Internet (B2i) (d'où la necessité de sa figuration dans le livret de scolarité)
Objectif n° 3 (du point de vue du citoyen / de l’usager / du contribuable) : Disposer d’un potentiel d’enseignants qualitativement adapté.
Indicateur n°1 : proportion d'enseignants inspectés ces dernières années
Indicateur n°2 : Part du volume de formation dans le buget public
Depuis une semaine je n'arrête pas de courir et je me suis un peu perdue dans tout cela.
Je suis loin du Connais-toi toi-même mais près du "Je cours donc je dois bien être" !
Où cela est une autre question : patience viendra l'heure du canapé !
Je suis :
- enseignante
- mais aussi infirmière (avec une drôle de pharmacie !), ceci étant dit nous avons une ancienne infirmière dans l'école, c'est tout de suite beaucoup plus pratique lorsqu'un enfant se blesse à la paupière : la reine des stéri strip qui lui a évité des points).
- technicienne (nous montons un circuit électrique pour éclairer le château playmobil des maternelles, d'ailleurs ce soir je suis de course, il nous manque du scotch double face)
- biologiste pour répondre aux questions diverses dans notre projet : Sauvons les batraciens !
- Spécialiste de l'art, parce que finalement pour emmener les élèves vers une production plastiques rien de tel qu'une visite au musée (commentée bien sûr), une rencontre avec une architecte (vive les animations pédagogiques utiles !) et des livres
...
Ah oui : Je ne suis plus directrice ! Ouf !
Et vous qu'êtes vous d'autre ?
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