Texte libre

Vous êtes à ce jour nombreux à m'avoir rendu visite, merci à tous (le comptage commence aujourd'hui : 3 novembre 2006). Depuis le début de la création de ce site vous avez été  8379 à venir me rendre visite, ça se fête !!!!

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Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère  que ça va fonctionner....

Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.

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La p'tite famille

Jeudi 27 avril 2006

Le bonheur, même avec une pluie d'orage et un vent frais (les voisins décidément doivent nous prendre pour des fous) de se retrouver dehors chez nous avec la bonne odeur de grillades aux herbes. Presque un air de juin, nous tenons le bon bout et nous ne nous décourageons pas : demain espérons il fera beau ! Il y en a un que cela ravit particulièrement c'est notre petit dernier qui ne s'épanouit que dehors. Petit prince (mère aveuglée, pardon !) des espaces verts, adorant les arbres et les promenades. Il est capable de rester devant la porte de longs moments ou de pleurer dès que l'un de nous s'en va sans l'emmener (crime de lèse majesté bébé). Je n'ai jamais vu un enfant (même dans ma nombreuse famille) aimant autant l'extérieur. "Futur Garde-forestier" (en espérant qu'il lui reste beaucoup d'arbres à protéger !) ?

"Futur ce qu'il veut" répliquerait une cousine d'alter ego qui tient beaucoup à dire à chaque enfant qu'il aura plus tard la liberté de choisir sa voie. Il sera avant tout lui-même.

On en revient au : D'où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère ? (Bon elle est un peu surfaite mais il faut pardonner à la pauvre gastroïsée !).

Par Dom
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Vendredi 28 avril 2006

Petit billet drôle !

Nous avons eu beau élever notre fille dans la culture bien appuyée (Ariane Mnouchkine à 1 an, Claude Ponti à 2, Musée de peinture à 3, Tableaux divers à 4, Danse à 5), je me retrouve parfois avec une petite fashion victim. Ah la société de consommation et nous avons beau réguler la télé, à la naissance du deuxième et un peu plus (car notre petit bougeon nous a bien occupés) elle est restée plus souvent qu'alors devant Tiji, donc devant la pub. Du coup "terrible" conséquence, elle s'habille en star dos nu en plein hiver, porte un collant avec de gros coeurs, adore le rose et ce matin me disait en riant qu'il lui faudrait une troisième jambe. Etonnée je lui demandai de préciser sa pensée. Elle me répondit qu'alors elle pourrait porter une basket rose, une basket brillante (choix du matin : dernière mode inventée par elle déparailler ses chaussures !) et en plus s'ajouter une botte. D'ailleurs son grand rêve quand nous parlons de changer notre vieille 309 pourrie, cabossée, grise et qu'on doit pousser une fois sur trois (il faut d'ailleurs penser à la garer en pente, c'est un coup à prendre) elle donne son avis : une jaguar 4x4 décapotable. Ahrg ! Même mes collègues m'ont "montrée du doigt" : quelle éducation as-tu donné à ta fille !!!! Nous sommes loin de l'idéal de la tête bien faite.

Je me suis donc dit qu'il fallait réagir. Je lui redis donc la phrase type que je sors en cette situation déespérée :

- Ma chérie, (elle me regarde avec ses grands yeux innocents) tu sais, ce qui est important ce n'est pas la beauté extérieure mais...

- Celle du coeur, me répliqua-t-elle soudain sérieuse, t'inquiète pas maman, je le sais.

"Ouf gagné ! pensais-je"

- En rentrant maman, tu me prêteras ton parfum ?

Rargh ! Il est temps de retourner à la bilbliothèque, nous n'avons plus de nouveaux livres ! Vite vite culture à la rescousse !

Et sur le chemin du retour je me disais pour me rassurer : Relativisons, il fallait bien qu'elle trouve quelque chose de différent de nous pour se démarquer, le reste est bien présent.

Effet bibliothèque, l'après-midi en sortant il pleuvait, de sa jolie voix elle me dit :

"Maman, Il pleut ça dégouline parmi les collines, ça rime ?"

Là, une vague de fierté m'envahit, je l'embrasse ravie, la félicite, appelle son père (car le portable devient une autre peau en cette drôle de vie). Je pense en vrac à l'école que l'on conspue si facilement et qui lui a appris cette année les sons qui riment, à l'accès aux livres qui sont largement mis à disposition, je me souviens des spectacles que nous avons vus avec elle qui ne payait pas sa place. Vive la société solidaire et éloignée d'un libéralisme excessif dont nous ne voulons pas. Il faut défendre cette idée. Préparons des citoyens qui pensent, rêvent et font de la poésie. Ce n'est pas de l'inaction mais le véritable poumon d'une sociéte.

Enfin vous me connaissez, je suis un peu excessive !

Par Dom
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Samedi 29 avril 2006

Ce petit film pour petits n'est pas un sacro saint disney (mais cela aurait plutôt tendance à me le rendre sympathique de prime abord). Nous sommes donc allées entre filles le voir avant qu'ils ne le retirent de l'affiche dans un tout petit cinéma. Ce film ne bénéficiant pas d'un grande pub et avec des critiques plutôt type "pour tout petit" (sûrement le graphisme), il a vité été retiré des salles.

Nous n'avons pas regretté (contrairement à l'Age de glace 2 et Robots), c'est une histoire dont l'héroïne est une petite fille au caractère trempé. Programmé en début d'année (rappel en plein dans notre déménagement) ce film a aidé ma fille dans ce moment difficile. Beaucoup de points communs :

- un déménagement de la campagne vers la ville mal vécu

- une maman intermittante du spectacle faisant de la musique, alter ego est magicien doublé d'un prof de théâtre, cette situation peu commune nous joue parfois des tours dans une société évoluant vers la négation de la qualité des acteurs culturels jugés financièrement inutiles

L'histoire n'est pas mièvre à moins que nos rêves d'enfants le soient (il faudra que j'y réfléchisse, doit-on devenir horriblement ennuyeux pour être adulte ?) : Laura tisse une relation avec une étoile tombée du ciel ce qui l'amène petit à petit à accepter aussi une amitié avec un garçon. C'est un conte merveilleux, il est vrai pour les moins de 7 ans (le fameux âge de raison). Si j'en reparle aujourd'hui c'est que le DVD vient de sortir et qu'il peut sans rougir et sans crainte figurer dans votre vidéothèque.

Par Dom
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Mardi 2 mai 2006

J'ai pris une décision importante qui me trottait dans la tête depuis quelques années : je souhaitais enregistrer ma grand-mère et lui faire raconter sa vie. 100 ans, née en 1905, c'est toute une existence qui a basculé. La naissance de l'électricité, la fulgurante avancée technologique en ce qui concerne la vie quotidienne, les transports, ces deux terribles guerres qui ont déchiré l'Europe. Hier elle me disait en riant que les personnes de 70 ans n'arrivaient plus à se reconnaître dans cette société. "Et moi, que devrais-je ressentir alors ?".

Puis elle enchaîna brutalement : "Il paraît que tu écris un blog ? Qu'est-ce que tu y racontes ?"

Intéressée ma grand-mère, dépassée certes par certains aspects mais toujours étonnée, curieuse des nouveautés. Dévoreuse de livres dans quatre langues (français, néerlandais, allemand, anglais), il est intéressant de parler avec elles des lectures que nous avons. Nous pouvons partager des points de vue et elle reste ouverte aux nôtres. J'espère suivre ses pas mais je ne crois pas avoir hérité de la force de son caractère. Forte mais jamais aigrie. Juste en colère quand on parle de politique !

Emue hier elle regardait mon fils dans la partie basse d'une chaise en bois. Elle m'expliqua que c'était la chaise qu'elle avait reçue pour sa première. Ce système était révolutionnaire : la chaise haute double emploi : chaise en haut, trotteur en bas. Et bien solide avec tout ça ! A-t-on réellement inventé la poudre ? Non juste le pastique !

Par Dom
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Mercredi 3 mai 2006

Soir, heure de l'histoire.

Nous sommes installées toutes deux dans une proximité complice. La parole se délie, le livre livre son secret. Des explosions de mots, des douceurs imaginaires, des colères sans mal, des jalousies exprimées sans être vécues : nous plongeons chaque soir au milieu des phrases qui font que chaque jour des références communes jalonnent nos relations. Les personnages accompagnent notre vie : Oups (Ponti : Le doudou méchant) nous apprend que jusqu'au bout de la désobéissance il y a désolation mais qu'on peut reconstruire la vie, que rien n'est jamais perdu, Tibert le chat nous livre son secret pour apprendre à lire (Tibert et Romuald : Anne Jonas/Crozat François), Otto nous enjoint à ne pas oublier que l'amitié est le bien le plus précieux (T.Ungerer) et Le Prince de Motordu nous tort de rire en jouant avec les mots (PEF). Et cela n'est qu'un échantillon d'un monde merveilleux peuplé d'émotions.

Soir, heure de l'histoire, je n'échangerai ce moment contre rien au monde. 

Par Dom
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Samedi 6 mai 2006

Notre année pourrait s'intituler Retour à la ville (je fais évidemment référence encore une fois à la BD de Larcenet et Ferri) ou retour à la vie. La campagne : ses vaches, sa tranquillité, ses champs, ses tracteurs et son rien. La ville trépidante, commode avec ses mille et une proposition culturelle. Et bien pas du tout, ce n'est pas aussi simple.

+ La campagne : ses amis chaleureux : ce n'est pas l'eau de vie du voisin mais le porto et le saucisson (non du cochon du coin mais du supermarché du coin !), le jus de fruit sous le cerisier et le petit dernier ravi de crapahuter dans l'herbe près du lapin angora.

+ La campagne : ses années de bonheur (et c'est maintenant tout ce qui me revient lorsque j'y vais, les mauvais moments sont effacés) : ma première, bébé, portée près du ruisseau qui s'endormait avec sa chanson ou qui s'extasiait plus grande de la variété des fleurs tout en se gavant de fraises de bois.

+ La campagne : des amis pour ma fille : petites qui criaient son nom quand nous sommes partis cet après-midi, une autre attristé de nous voir sur le départ, la joie de retrouver son ancien maître d'école et sa famille.

Une palme d'or pour cette famille d'amis attablés avec frère et soeur qui nous a invités comme si nous avions prévenu de longue date et notre fille disparue toute la soirée, jouant avec sa meilleure amie comme si cela ne faisait pas un an qu'elles ne s'étaient vues.

Merci pour tant de chaleur humaine, le coeur est tout ému.

Par Dom
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Samedi 6 mai 2006

Ce matin ma fille était sur son lit, lourde de sommeil et peu décidée à aller choisir son vêtement du jour.

- Allez ma puce, lui dis-je pour la trentième fois.

- Je ne peux pas maman, mon ventre dort.

Elle le caressait doucement puis voyant mon impatience elle se mit à le frapper doucement et le bouger.

- Hé ! Ho ! Réveille-toi ! Maman est pressée !

Voyant mon regard incrédule elle ajouta :

- C'est le seul moyen de le réveiller, il dort profondément.

Et quelques minutes plus tard, sautillante elle alla choisir son petit haut préféré. Y-a-t-il une vie dans notre ventre ?

 

Par Dom
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Samedi 6 mai 2006

Je vous ai parlé de ma nièce qui souffre d'un handicap particulièrement difficile lui refusant de lier une communication normale avec chacun d'entre nous : l'autisme. Contre ce monstre tentaculaire qui l'étouffe d'angoisse elle lutte avec sa famille avec beaucoup de courage. Elle est dans une école qui la prépare à un CAP d'horticulture, c'est elle qui a choisi cette voie mais les enseignants ne savent pas si elle pourra rester l'année prochaine (son manque de communication lui met des bâtons dans les roues, si je puis dire ainsi). Nous cherchons tous activement le stage miracle qui l'aidera à obtenir un rapport positif et décrocher son droit d'apprendre. Bien sûr elle ne peut pas être lâchée comme cela dans une structure, mais bien encadrée elle peut réussir sa part du travail. Jusque là nous n'avions pas beaucoup d'espoir lorsqu'enfin j'ai rencontré une femme accueillante, prête à la prendre en charge. Je la remercie aujourd'hui, je ne sais pas si demain son stage se passera merveilleusement bien mais au moins elle aura rencontré quelqu'un qui est bienveillante envers elle, qui l'accepte malgré son handicap. Elle aura cependant besoin de courage pour surmonter les épreuves qui l'attendent.

Si vous voulez lui envoyer des messages d'encouragement sur ce blog, elle sera heureuse de les lire (car elle a cette chance de pouvoir lire et écrire) et je lui transmettrai. La difficulté dans ce handicap c'est la solitude : pas d'intégration à l'école (une scolarité au CNED), les amis qui disparaissent, une prise en charge quotidienne qui isole les familles et une enfant maintenant ado qui n'a pas tissé de liens avec d'autres de son âge. Tout témoignage de votre part sera le bienvenu pour l'aider à se dépasser et décrocher son maintien à l'EREA. Merci d'avance.

Par Dom
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Mercredi 17 mai 2006

Je ne compte plus les séances de kiné respiratoire pour mon fils.

30 l'année dernière, tout juste né. Cette année un peu moins.

20km de trajet pour y aller l'année dernière, 2mn à pied cette année (vive la ville et ses avantages !)

Plein de kinés différents l'année dernière, un seul cette année.

Malgré la nette amélioration, je reste toujours dans une terrible ambivalence envers ces personnes qui sauvent mon enfant en le faisant crier.

Maintenant que petit Drounou est vigoureux, il en fait voir de toutes les couleurs : il se tord, il crie, il repousse les mains ennemies pourtant salvatrices. "C'est un véritable combat", murmure mon dernier kiné, en sueur, après 1/2h de malaxage en règle.

Je le hais parce que c'est éprouvant d'emmener son fils, si souvent, et le voir hurler sans rien pouvoir faire, son regard perçant qui ne comprend pas ce qu'il a fait pour mériter cela (ceci étant dit, il s'arrête de pleurer dès que la séance est finie). Il cherche même à amadouer son interlocuteur en faisant un calin : rien à faire...

Je l'aime parce que cette partie de leur métier sauve des vies, parce qu'ils le font avec une grande abnégation : samedis, dimanches, jours fériés. Je l'aime parce que mon fils passe de bien meilleures nuits avec que sans. Et celui-là je l'aime particulièrement parce que je trouve sa technique beaucoup plus douce et que malgré les hurlements ses mains restent calmes. Je l'aime aussi parce qu'il parle tranquillement à mon enfant et finit toujours par une petite caresse. Merci.

 

Par Dom
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Jeudi 25 mai 2006

D'accord, nous avions oublié le vélo de notre fille à côté de l'école.

Mais ce n'était pas une raison pour le retrouver devant la porte de l'école dans cet état (ou similaire) :

carcasse auto.JPG - 2231,0 K 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous auriez vu le visage de ma petite devant son vélo avec sa roue pliée en deux, son klaxon rose démembré (seul artifice de fille car nous n'avions pas beaucoup d'argent pour lui acheter un rose et puis un autre plus tard pour son frère), son guidon enfoncé, sa chaîne pendante.

Elle s'est décomposée, elle les a traité de méchants, elle m'a dit qu'ils l'ont déçue (c'est sa grande expression en ce moment !), elle me demandait pourquoi ils avaient fait cela (que répondre ?) et vengeance suprême elle ne les invitera en tous cas pas à son anniversaire, à bon ententeur salut !

Nous avons dit au revoir au vélo définitivement inutilisable. Merci.

 

Par Dom
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