Un petit Verlaine pour la route

Publié le par Dom

Et pour fêter la remise en état printanière de notre balcon, mes heures dans le noir à savourer une tisane, le soleil du matin qui vient éclairer le café dans le doux moment de calme précédent la tempête (traduisez, le lever des deux ouragans qui peuplent notre maison la rendant à la fois mouvante et enjouée).
Un petit Verlaine pour la route, une rêverie musicale, une promenade champêtre, l'amour profile son regard, comme une évidence. Le poète amoureux regarde le monde avec le regard riant des envolées lyriques... et pourtant une phrase finale qui rappelle l'éphémère bonheur (la touche de Verlaine, jamais vraiment apaisé-je ne parle pas de sa phase mystique).

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

Publié dans poésie

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