Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère que ça va fonctionner....
Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.
Serments d'amour dans les sarments
Sers-m'en, dame Mour dont les serres mentent
C'était le grand soir. Pour l'occasion Shannon avait revêtu un survêtement noir, pratique pour passer inaperçue, sans oublier cependant son sac rempli de choses précieuses. Elle avait rendez-vous avec son staff devant la grille entourant le manoir de la famille d'Armand. Son équipe de choc était composée de Agesislao un journaliste de Galette, de Carlyle un styliste de renom, extrêmement précieux et de Perdi, avec laquelle elle s'était réconciliée. A vingt et une heure précises les voilà tous quatre se dirigeant vers un petit portail rouillé encombré de végétation envahissante. Son amie paysagiste, eut vite fait de le désherber tandis qu'Agesislao forçait la serrure à grand renforts d'huile. Une fois dans la place Shannon avait ses repères. Elle les dirigea sans peine vers la roseraie enfermée dans une serre luxueuse. Le journaliste triturait nerveusement ses appareils en les préparant. Carlyle, à la lueur d'une torche tenue par Perdi, aidait Shannon à s'apprêter. Elle revêtit un magnifique fourreau lamé Christophe Diar, dont elle promit de prendre soin. Un instant elle hésita à enfiler les chaussures assorties tellement hautes qu'elles en étaient effrayantes. La touche finale fut sa chevelure arrangée avec un somptueux diadème en strass, celui que portait sa propre mère lors de son mariage. Un maquillage léger, discret, lui donnant des yeux de biche compléta le tableau. Ainsi vêtue, Carlyle la dévisagea.
- Ma chérie, dit-il en roulant les r, Claudy Chauffir ne le porterait pas aussi bien. Tou es absolument merrrrrveilleuse.
Perdi ajouta une rose toute fraîche, d'un délicieux teint bleuté.
- A toi de jouer maintenant, je l'ai tellement vu te rouler dans la farine que je suis trop heureuse aujourd'hui de t'aider à préparer cette vengeance. Nous t'attendons ici.
Les deux complices la regardèrent s'éloigner, le journaliste suivant ses pas.
Shannon, bien qu'un peu maladroite au début, prit une belle assurance. Il faut dire qu'elle s'était drôlement entraînée avec son dictionnaire sur la tête afin de pouvoir aujourd'hui marcher comme une mannequin. C'était...presque parfait. Agesislao l'aida à se hisser sur le balcon, ils passèrent sans bruit par la fenêtre tandis qu'une douce musique s'échappait par les interstices de la porte du petit salon. Shannon respira un grand coup.
A l'intérieur se déroulait une réception mondaine. Les propriétaires du St Emilion recevaient des amis mais aussi de futurs acheteurs promettant de beaux revenus... Armand riait, penché vers la Stroumphberry, une main posée sur le bras de sa propre mère qui le regardait avec une tendre affection. Son père discutait avec un anglais approximatif, essayant de revendre à peu de frais une mauvaise année pour cet américain bedonnant et jovial. C'est avec beaucoup de mépris qu'il ne pensait pas arnaquer cet adepte du hamburger accompagné de vin rouge. Tout se passait à merveille, le champagne, frais et pétillant venait d'être servi.
Brutalement la double porte du petit salon s'ouvrit à grand fracas. Une magnifique jeune femme éblouit toute l'assistance. Ils furent hypnotisés par cette apparition et ne purent remarquer l'expression inquiète du fils de la famille. Ce fut le seul qui reconnut la petite tenancière de bar qu'il eût la bêtise d'aimer un jour. Un sourire charmeur éclaira le visage de Shannon, elle n'en était que plus séduisante. Stroumphberry, habituée à être l'attraction systématique des réceptions, en conçut une haine féroce pour cette inconnue sublime.
- Mon chéri, susurra l'apparition en s'approchant d'Armand.
Elle l'embrasse en pleine bouche.
- C'est le moment d'annoncer à tous la bonne nouvelle.
Le jeune homme restait bouche bée.
- Mais oui, mon Amour. Tu sais bien, c'est ce que nous avons convenu...dès que le champagne serait servi.
La mère d'Armand se tourna vers son fils, inquiète.
- Eh bien, eh bien mon petit. On fait des cachotteries ?
Shannon reprit :
- Il est bien trop ému pour pouvoir parler, souffrez que je prenne la parole à sa place. Nous annonçons officiellement notre mariage...Belle-maman !
C'est à ce moment que le journaliste entra et immortalisa la scène, un rictus méchant sur les lèvres.
La susnommée s'évanouit, la comtesse gifla Armand et sortit à grands fracas, l'Américain rit grassement en portant le coup de grâce :
- C'est donc cette petiote que j'ai vu tenir le bar l'autre jour, que c'est beautiful l'amour, plus rien ne compte ! Félicitation, beau-papa !
Il lui asséna une grande claque dans le dos puis il chuchota :
- Au fait n'essayez plus de me refourguer votre mauvaise saison, je serai désolé de devoir faire affaire avec d'autres.
Quand à Armand...
Cette année le champagne sera un plat qui se mange froid ;)
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