Aimé Césaire

Publié le par Dom

C'est un nom que j'ai entendu bercer mon enfance, dit avec la voix de mon père qui se délecte de ses vers, parmi d'autres poètes qu'il aime. C'est rare dans la vie de côtoyer un homme qui admire, se gargarise, se repaît de poésies comme mon père. Mon amour de la musique des phrases qui m'enchantent et me surprennent me vient de lui, assurément.
Je vous livre ses mots, rugueux, obscurs et qui pourtant portent un souffle qui m'a toujours enthousiasmée. Il est tard. Demain, j'essaierai de vous écrire un article un peu plus complet.
Je pense à lui qui souffre dans la nuit de la douleur.

Tam-tam de nuit

train d'okapis facile aux pleurs la rivière aux doigts charnus
fouille dans le cheveu des pierres mille lunes miroirs
tournants
mille morsures de diamants mille langues sans oraison
fièvre entrelacs d'archet caché à la remorque des mains de pierre
chatouillant l'ombre des songes plongés aux simulacres de la mer

Publié dans poésie

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D
Hélas, la douleur d'Haïti est déjà tellement présente... En perdant Aimé Cesaire, on perd une voix qui s'élève entre autres contre les colonisations...toutes formes.
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M
Au moins, il n'aura pas connu la grande famine en Haïti. Ce pays maintenant détruit par la pollution, incapable de survivre par lui-même sera le premier à connaitre une importante diminution de sa population par la faim. Espérons que cela n'entrainera pas trop de douleur.
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C
Magnifique! et troublant aussi ces hommages à vos pères les filles. Liza (lamaisondeliza.over-blog.fr) aussi rends hommage à son père aujourd'hui. Comme je vous envie d'avoir des papas comme ça!
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D
Je trouve aussi...
Je n'ai pas le courage de poster ce soir, je viens de finir un compte-rendu d'expérimentaions de mes élèves à taper et à envoyer. Demain sera un autre jour mais ces vacances seront bien remplies, de boulot.
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O
Etrange, et pourtant, ça me parle. C'est un langage parfaitement poétique. Celui d'un maître
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