J'aime beaucoup ce passage

Publié le par Dom

Toujours Loin des yeux, près du coeur de Thierry Lenain
Je vous l'offre ce soir parce qu'à chaque fois que je le relis ou que je le travaille avec les élèves je ressens une petite émotion, je ne sais pourquoi. Et vous ?

"Aïssata et moi, nous ne nous sommes plus quittés. Nous nous donnions la main quand nous nous promenions dans les rues, dans le parc ou au bord du canal. Elle me racontait les vêtements qui la faisait rire ou qui lui plaisaient, la cime des arbres dont je touchais les troncs, les dessins des nuages dont je ne connaissais que l’ombre ou la pluie. Je lui apprenais à écouter le pas des gens qui flânaient, les oiseaux qui chantaient cachés dans les feuillages, les péniches qui se croisaient sur l'eau. Curieusement, elle s’obstinait à vouloir m’expliquer les couleurs. Je lui avais pourtant affirmé que ce n’était pas grave, que ça ne m’empêchait ni de vivre ni d’aimer... Elle tenait pourtant à me les apprendre. Alors il y eut le jaune comme le soleil qui chauffe la peau, le vert comme le parfum de l’herbe mouillée le matin, le bleu comme l’océan quand tu es devant.

« Tu t’es déjà tenu devant l’océan, pour écouter les vagues, sentir le vent sur ton visage ?, m’avait-elle demandé. Eh bien le bleu, c’est comme ça. »

Et elle répétait inlassablement : ça c’est jaune comme le soleil qui chauffe la peau, ça vert comme le parfum de l’herbe mouillée le matin et ça bleu comme l’océan quand tu es devant.
C'était nos couleurs, les couleurs de notre amour."

Publié dans Littérature cycle 3

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article