La couarde anti insectes venimeux que je suis attaqua sauvagement à la tapette une guêpe arrachant de hauts cris à Ma belle-mère et sa soeur. Qu'avais-je fait là, pauvre exemplaire de la sauvagerie inculte. J'avais occis avec une rare violence une innocente guêpe maçonne, parfaitement inoffensive, guettée depuis le matin pour la voir en action. Je fis amende honorable, jura (mais un peu tard) ne plus déranger cet aimable bestiole et décidai dès que possible d'en faire l'éloge sur ce blog.
Donc si vous croisez ça :

Ne vous effrayez pas de la mise chamarrée de l'insecte coloré de la sorte pour effrayer les prédateurs.
Suivez-la et vous verrez ça :

En fouillant un peu, j'ai même découvert un conte relatant les origines du feu apporté à l'homme grâce à une guêpe maçonne. Vive ce petit insecte au corps frêle, un fil relie sa tête à sa fin créatrice. Merci à Sir James George FRAZER qui nous offre cet ouvrage relatant tous les mythes de l'origine du feu.
Les Ba-Ila, tribu de Rhodésie du Nord, racontent comment la Guêpe-Maçonne alla chercher du feu chez Dieu. Ils disent que primitivement Vautour, Aigle-Pêcheur et Corneille n'avaient pas de feu, car il n'y avait pas de feu sur terre. Ayant donc besoin de feu les oiseaux se rassemblèrent et demandèrent : « Où irons-nous chercher du feu ? » Quelques-uns des oiseaux dirent : « Peut-être chez Dieu. » Sur quoi Guêpe-Maçonne s'offrit en disant : « Qui ira avec moi chez Dieu ? » Vautour répondit en disant . « Nous irons avec toi, moi, Aigle-Pêcheur et Corbeau. »
Ils prirent donc congé des autres oiseaux le lendemain en disant : « Nous allons voir si nous pouvons obtenir de Dieu du feu. » Puis ils s'envolèrent. Alors qu'ils étaient déjà depuis dix jours en chemin il tomba sur terre quelques petits os – c'était Vautour ; plus tard, il tomba encore d'autres petits os – c'était Aigle-Pêcheur ; Guêpe et Corneille durent continuer tout seules. Quand la deuxième décade se fut écoulée, il tomba encore sur terre de petits os – c'était Corneille. Guêpe-Maçonne dut continuer toute seule. Quand la troisième décade fut achevée, elle continua en se posant sur les nuages. Elle n'atteignit pourtant jamais le sommet du ciel.
Aussitôt que Dieu apprit cela, il vint là où se trouvait Guêpe-Maçonne et répondant à Sa demande, Guêpe-Maçonne dit : « Non, Chef, je ne vais pas dans un endroit particulier, je viens seulement demander du feu. Tous mes compagnons sont restés en chemin ; mais j'ai néanmoins continué d'avancer, car j'avais résolu d'aller là où se trouve le Chef. » Sur quoi Dieu lui répondit en disant : « Guêpe-Maçonne, du moment que tu m'as atteint, tu seras le chef de tous les oiseaux et de tous les reptiles de la terre. Maintenant, toi, je te bénis. Tu n'auras pas besoin d'engendrer des enfants. Quand tu voudras un enfant, va regarder dans une tige de grain et tu y trouveras un insecte dont le nom est Ngongwa. Quand tu l'auras trouvé apporte-le dans la maison, cherche l'endroit où les hommes font la cuisine, et construis-y un logis Pour ton enfant Ngongwa. Quand tu auras fini la construction, mets-l'y et laisse-le. Quand bien des jours se seront écoulés va tout juste jeter dessus un coup d'œil et tu t'apercevras un jour qu'il a changé et qu'il est juste comme toi. » Il en est encore ainsi aujourd'hui ; Guêpe-Maçonne construit une maison en cherchant le foyer juste comme Dieu le lui a ordonné. » 156
Pour expliquer cette histoire les auteurs qui l'ont recueillie écrivent ce qui suit : " La Guêpe-Maçonne, le Prométhée des Ba-Ila, avec ses ailes bleu-indigo, son abdomen jaune et ses pattes noires et orangées, est commune dans l'Afrique Centrale. Elle bâtit sa cellule de boue non seulement dans la cheminée, comme le dit l'histoire, mais aussi (et c'est fort désagréable) sur les murs, les livres, et les tableaux des maisons. Dans cette cellule elle pond ses œufs, en compagnie d'une chenille ou d'un vermisseau et les scelle ; puis elle bâtit d'autres cellules jusqu'à ce qu'il y ait sur le mur un grand pâté de terre laid à voir. Quand les jeunes larves éclosent, elles mangent les insectes qui ont été engourdis mais non pas tués par l'aiguillon de leur mère. Nous voyons là par un exemple curieux, comment les observations des indigènes sont jusqu'à un certain point correctes ; mais comme ils ne prennent pas en considération tous les faits parce qu'ils ne les ont pas remarqués, les conclusions qu'ils en tirent sont erronées. Ils supposent que le Ngongwa se métamorphose en Guêpe-Maçonne ; ce conte fait comprendre pourquoi il en est ainsi, de même qu'il donne l'explication du feu domestique "
Site en pdf sur les mythes de l'origine du feu.
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