Comme les élèves rédigent un roman de chevalerie, ils doivent raconter une scène de banquet. Pour la composition des
repas j'ai trouvé ce site assez complet.
Puis en lecture, je vais leur proposer lundi ce texte de JC Noguès, tiré du livre : Le voeu du paon. J'ai adapté parfois le vocabulaire (comme j'ai des CE2 en plus des CM1...).
Le banquet du sire Bérard
Grillot, un petit garçon, a été recueilli par Jordi, un troubadour qui passe sa vie sur les routes en faisant des acrobaties, en chantant tout en s’accompagnant d’un luth et en
racontant des histoires. Ils arrivent au château de Bérard.
Les dames avaient admiré la blancheur des nappes rincées dans le torrent et séchées sur l’herbe. Chacune s’était penchée sur le doublier1 étalé devant elles. Une grosse
tranche de pain était posée dessus et fleurait2 bon.
Le repas se déroulait dans une franche gaieté. Les écuyers déposaient les morceaux fumant de viande sur le pain. Les dames grignotaient du bout des doigts, du bout des dents pour
ne pas salir leur menton. Les hommes déchiraient les viandes à belles dents avant d’essuyer d’un revers de main le jus qui coulait sur leur barbe. Aux pièces rôties se succédaient les cuissots de
cerf marinés dans du vin au poivre.
Les appétits ne faiblissaient pas. Les conversations non plus. Des ménestrels se bousculaient pour faire écouter leurs musiques tandis que des acrobates formaient des pyramides
humaines.
Le père d’Avenen, le petit garçon que Grillot avait rencontré en arrivant au château, fixa une corde à une grande hauteur. Avenen s’avança d’un pied prudent. Sous lui les
conversations s’étaient tues, les vielles et les pipaux aussi. Il traversa la salle, fit demi-tour sans prendre d’appui, au milieu de la corde le sire Bérard cria :
- Attrape !
Avenen se retourna et reçut un poulet en plein bras. La corde vibrait, un moment très bref on crût qu’il allait tomber. Il plia les jambes, jeta une main en avant puis en arrière
avec une incroyable rapidité. La corde s’apaisa. Araven put se redresser, il regarda le public, sans un sourire, sortit de son surcot un rameau d’olivier qu’il lança en cadeau au seigneur. Il
rejoignit ensuite son père.
Deux joueurs de psaltérion, installés sur les marches se mirent à jouer une danse enjouée.
Ils furent suivis par l’entrée de Jordi.
- S’il plaît à vos seigneuries, je chanterai les vers d’un troubadour d’autrefois.
Il commença la mélodie au luth puis la voix de Jordi envahit la salle. Jamais Grillot ne l’avait entendue si grave, si caressante et charmeuse. Elle offrait les mots, le
embellissaient encore.
« J’ai tant d’amour au cœur
De joie et de douceur
Que gel me semble fleur
Et la neige verdure. »
Lorsqu’il eut terminé, les invités étaient charmés. Il salua en bouffon, mit un genou à terre, agita sa plume sous le nez du maître des lieux, le public partit d’un grand éclat de
rire.
Le banquet touchait à sa fin, les convives se levèrent pour aller se laver les mains à la fontaine.
Le vœu du paon, Jean-Come Noguès
1 : doublier : rectangle de tissu sur lequel était posé la tranche de pain servant d’assiette pour les viandes.
2- fleurait : sentait
3- surcot : tunique courte portée par les hommes
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