Texte libre

Vous êtes à ce jour nombreux à m'avoir rendu visite, merci à tous (le comptage commence aujourd'hui : 3 novembre 2006). Depuis le début de la création de ce site vous avez été  8379 à venir me rendre visite, ça se fête !!!!

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Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère  que ça va fonctionner....

Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.

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Mercredi 2 août 2006

Nous avions décidé aujourd'hui de nous rendre sur la route de Demnat pour voir les magnifiques ksar en ruine dans les oasis. C'est dans un village rejoint par une piste que nous avons trouvé : Vente de tapis, association de lutte contre analphabétisme. Le concept : école-atelier.

A peine sortis de la voiture, j'avais perdu notre fille, ne nous attendant pas un seul instant, elle était à l'intérieur et j'en apercevais juste le chapeau rose en paille. Nous entrâmes dans une pièce de dix pas de longueur sur quatre pas en largeur. Il n'y faisait pas chaud, sur la gauche deux femmes étaient assises devant un métier à tisser et je n'ai tout d'abord remarqué que ce coin. Elles nouaient en parlant des morceaux de tissu sur la trame tendue. Des fillettes nous entouraient en souriant. D'autres femmes debout ainsi qu'une dame enceinte parlaient arabe avec animation à Alter Ego et sa Grand-mère. Ma fille échangeait avec les autres enfants en riant (le langage de l'enfance est universel). La jeune femme épanouie au ventre arrondi, s'est précipitée sur notre bébé pour le caresser et l'embrasser. En vrai sauvage, notre petit blondinet a râlé en s'aggripant au prolongement de lui-même : c'est à dire moi ! Puis Alter Ego m'a tapoté l'épaule : "Tu as vu", m'a-t-il dit, "c'est l'école".

Dans la partie droite deux bances accolés, un tableau noir de petite taille sous lequel était posé un troisième banc (l'estrade). Dessus étaient jetés des manuels en fort mauvais état, déchirés, dont il manquait les couvertures et griffonés, quelques craies usées, de celles que l'on jette dans nos pays parce qu'elles usent les doigts. Ma fille a regardé cette école dénudée, repensant sans doute à la visite de son école élémentaire, fastueuse, abritant une classe inutilisée et une salle de danse tout en parquet. Le choc du trop plein comparé à cet étroit espace. Une petite fille trace en majuscule son prénom. Alter Ego l'écrit en arabe ainsi que le sien dans les deux langues. Puis l'enfant, vive et malicieuse, nous montre fièrement qu'elle sait lire dans le manuel de CE1 délabré, quelques phrases avec une voix douce, que les tempêtes n'ont pas encore érodées. Car il faut entendre la voix du Sud, écaillée, rauque, celle du soleil et du sable projeté avec violence. Celle de ceux qui affrontent chaque jour ce climat inhospitalier qu'ils ne quitteraient pas et dont ils parlent avec fierté. Les hommes du village font une courte apparition pour nous proposer un thé déjà décliné aux femmes, nous devons vite repartir, le soleil commence sa lente disparition. Nous les quittons, ils nous parlent de leurs besoins criants. J'ai décidé de parler de cette école à mes élèves, de préparer une action pour leur envoyer le nécessaire. Mais c'est une goutte d'eau, une goutte d'eau dans cet océan de misère. Notre fille repart dans le confort de la voiture climatisée emportant dans son coeur le sourire de cette enfant qui agitait la main avec tant d'affection et au fond de son regard l'empreinte du dénuement.

Et au fond de ce village du Sud, l'accueil chaleureux des Marocains, qui ne vous laisseraient pas à leur porte sans vous offrir un thé (à bon entendeur salut !).

par Dom publié dans : Au jour le jour
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Mercredi 2 août 2006

D'autres mots que les miens pour exprimer ce que l'on peut ressentir devant l'immensité vide du désert brûlant et qui moi me glace, tandis qu'il en ravit d'autre. Du rien à la sérénité.

"Le silence est extrême. Aucun bruit de vie, pas un murmure, pas un chant, pas un bourdonnement d'insecte. Seulement le vent, tantôt aigu, coupant sur les pierres, parfois à peine perceptible, un souffle, une respiration. Le village de Sidi Ahmed el Aroussi bruissait de voix, d'appels, de rires d'enfants, du pas saccadé des chèvres. Ici, près du Rocher, on est entré dans un autre monde où rien ne bouge, comme arrêté entre la vie et la mort ; un poste d'observation sur l'espace, l'éternité"

JMG Le Clézio et Jemia Gens des Nuages

Un livre émouvant, essentiel en ces temps troublés par le traitement inhumain des clandestins en France, le voyage de Jemia, accompagnée de son époux, vers ses origines, retrouver la tribu des Aroussiyines de laquelle sa grand-mère était issue.

La Grand-mère d'Alter ego me disait que lorsqu'on connaît ses origines (et en être fiers) personne ne pourra nous voler notre identité. L'identité ne dépend pas d'un pays, d'un mode de vie mais d'une descendance. Une nouvelle façon de penser pour moi.

PS : je lis régulièrement ce livre à la demande de ma fille, un peu chaque jour à l'heure de la siste. Elle aussi cherche à pénétrer un monde qui l'intrigue et dans lequel elle déambule comme un poisson dans l'eau. Je ne sais pas ce qu'elle comprend de la richesse de cette langue, si éloignée du vocabulaire pour enfants, je crois qu'elle se laisse bercer par les mots de cette si belle langue.

par Dom publié dans : Image du jour
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Mercredi 2 août 2006
par Dom publié dans : activités en classe
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Mercredi 2 août 2006

 

Voilà aujourd'hui et depuis une semaine quel est le paysage qui entoure le ksar dans lequel nous sommes à quelques kilomètres de Ouarzazate.

C'est une rencontre brute, qui cause un choc. Au delà du petit lac artificiel il n'y a rien. Rien que de la terre sèche et des cailloux à perte de vue. Au milieu du désert, trône ce petit quartier de villas, rien n'adoucit la chaleur torride du matin et les vents violents avec son lot de sable qui occupent nos après-midis.

Cette terre désolée où chaque jour l'homme lutte contre une nature hostile, fait naître en nous des sentiments contradictoires.

Pour certains d'entre nous : sérénité, réflexion, repos. Suivant Théodore Monod :« Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui ? ».

Pour moi, étonnement, je ne me sens pas du tout à l'aise. J'aime baucoup mieux l'air chargé d'eau de Rabat, sa vie, ses trépidations. Là j'ai l'impression d'être face au vide, seule en moi-même dans un drôle de repli. Je me dessèche doucement, ma peau "s'écaille" (moins remarquez depuis que je m'arrose copieusement de lait hydratant) et une sensation étrange s'empare de moi au fur et à mesure de la journée qui s'étire, comme un gros chat qui se collerait contre ma peau.

J'essaie, j'essaie chaque matin de sentir une légère fraîcheur qui m'aidera à supporter la vie intérieure, dans la superficielle fraîcheur de la clim, mais la journée m'use et les larmes au coin des yeux je contemple le soir les étoiles qui se détachent comme un tapis finement décoré. Je vénère ce lieu et je le déteste.

Nous sommes allés visiter une oasis mourante à quelques kilomètres, sert petit à petit reprend ses droits, les palmiers souffrent et les champs autrefois verts laissent une terre brillante, ravinée par les pluies sèches. Les ksar de terre finement décorées, trace d'un passé glorieux, fondent petit à petit et laissent une impression irrépressible de tristesse. Ou peut être est-ce mon propre reflet qui par moment me semble aussi vide que ces cailloux balayés par le sable décapant. Nous passons ensuite au milieu des oueds secs remplis de cailloux ronds et lisses, balayés par un courant brutal, témoignage d'un eau ravageuse qui tue autant qu'elle sauve. Au détour d'un chemin de terre, un cimetière, dômes de terre avec deux pierres de chaque côté et pour celle que nous avons vu, un bol, seul témoignage de vie. Et l'eau dans les séguias (systèle ingénieux d'irrigation) qui coule doucement.

Alors je lis, et j'espère encore qu'au travers des yeux de Théodore Monod ou de JMG Le Clézio je trouverai l'amour inconditionnel qui nimbe les yeux lointains de certains d'entre nous. Alors je pourrais m'agenouiller dans le sable pour laver mon écuelle comme cet homme si grand que je vénère pour son humanité :

theodore monod

Théodore Monod Méharées

JMG Le Clézio et Jemia Gens des nuages

 

 
par Dom publié dans : La p'tite famille
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