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Vous êtes à ce jour nombreux à m'avoir rendu visite, merci à tous (le comptage commence aujourd'hui : 3 novembre 2006). Depuis le début de la création de ce site vous avez été  8379 à venir me rendre visite, ça se fête !!!!

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Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère  que ça va fonctionner....

Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.

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Mardi 17 juillet 2007
La figure du beau-père dans la littérature reste plus effacée, probablement parce qu'une mère a par tradition du mal à rompre les liens avec sa progéniture. Ce qui existe sur le sujet, nous le devons à l'affection profonde qui lie une fille et son père : pour l'un réaction de protection dans un système teinté de patriarcat, amour oedipien-figure omnipotente du père pour l'autre.
Moins de personnages de roman, moins de blagues, moins de phrases célèbres, peut être que dans notre imaginaire européen, cette "faiblesse" affichée lorsqu'un père est attaché à sa fille n'est pas suffisemment la marque de la force masculine. Reste-t-on si entravé par le patriarcat pour que le beau-père n'entre pas dans le floklore européen, est-on plus prompt à se moquer des femmes ?

On compte deux positions :

- un père angoissé de ne plus être au centre de l'amour de sa fille que son gendre lui a volée. 
Les utilisations principalement cinématographiques de cette relation restent essentiellement comiques : le père qui décidément ne voit pas sa place disparaître ainsi d'un si bon oeil, il ne sera plus le héros de sa seule fille, tout s'effondre ! (Nous sommes bien sûr dans un archétype tout à fait caricatural). Ces comédies comme Mon beau-père, mes parents et moi ou Le maraiage de ma fille, qui font dans le genre 38 tonnes de l'humour américain, campent une prise d'indépendance dont la peur n'est pas exempte.

- un père inquiet qui a peur cette fois-ci pour sa fille. Souvent le gendre est lié à la brutalité, l'intervention d'un autre homme fait hélas référence à ces trop sombres heures de couples déchirés par la violence machiste d'un manipulateur. Est-ce là ce que craint le père ? Ces pulsions qui seraient moins bien domestiqué chez le gendre inconnu par l'éducation et la culture. Pèse une tradition bien lourde du lien entre mâle et agressivité.

Du père dont le fils se marie, peu de choses et je ne sais que trop peu ce qui peut lier un garçon et son géniteur.
Mais ce dont je peux vous parler c'est de l'affection que mon propre beau-père nous porte. Discret pourtant présent, aimant et pourtant sortant de sa réserve pour nous dire les mots essentiels qui nous ont fait réagir à des moments difficiles. Soucieux de nous, les bras ouverts, sensible à fleur de peau. Cultivé avec raffinement, je me souviens de longues discussion sur les livres d'Umberto Eco quand je n'en comprenais qu'une infime partie, il éclairait le texte de références. Voyageur aussi, il nous raconte avec plaisir son séjour en Amérique quand Noirs et Blancs vivaient séparés, ce qu'il refusait. Quand nous voyageons avec lui, il prend soin de nous et des enfants surtout, avec une grande tendresse. Artiste enfin, qui réalise de vrais chef-d'oeuvres architecturaux, il sait lier aspect pratique et beauté du lieu, en respectant profondément les traditions de la région, avant de se lancer il a visité et réfléchi, pas de maison prétentieuse arrivant comme un cheveu sur la soupe ! Il arrive à créer des maisons qui toutes jeunes portent déjà l'histoire de leur ville.

Une seule phrase résume : le coeur sur la main.
http://www.artkaos.net/forums/attach/0501/0501201218_hearth.jpg Merci ....
par Dom publié dans : La p'tite famille
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Mardi 17 juillet 2007
Joyeux anniversaire Akynou !!!!!

Il y a longtemps que je n'avais participé à une proposition d'écriture d'Akynou. Pour fêter son anniversaire elle propose un atelier "sans date limite" mais un peu plus complexe que d'habitude (lui faire un cadeau ça se mérite ; )
Trois photos, deux listes de mots au choix et un mot imposé, le 48ème. Elle espère atteindre d'ailleurs 48 propositions...mais pourquoi ce nombre semble-t-il revenir ? ...je vous laisse le découvrir dans sa célèbre salle de jeu.

Le texte que j'ai composé hier cependant est un peu triste sans être dénué d'espoir. Je ne sais pourquoi mais lorsque je crée une histoire celle-ci semble m'habiter avant que je ne l'écrive. Le chemin pris par mes mots suivent une ligne que je ne peux dévier sans avoir l'impression de les trahir.
Je crois que je suis fortement imbibée de ma révolte du rejet affiché des migrations qui ont toujours fait l'histoire de notre pays. C'est venu ainsi, j'ai suivi le parcours humain de ceux qu'aujourd'hui on cherche à accuser de tous les maux. Supportera-t-on longtemps que les pays des Lumières devienne le pays de puissants décomplexés, écrasant les plus faibles ?

Pour ne pas oublier que nous sommes toutes et tous enfants du mélange, que c'est bien ainsi.

Lettre à mon fils,
 
Mon petit homme, plein d’amour et de rage. Tu m’as demandé de te parler de moi, de lui, d’eux, j’ai refusé, tu as claqué la porte. Les mots sont plus simples lorsqu’ils se nourrissent de la feuille et de l’encre. Ma voix a trop pleuré ces jours pour pouvoir franchir les lèvres. Sache que rien de terrible ne nous lie au passé, rien de honteux, rien dont tu ne puisses être fier. Juste trop de creux, là, proche du cœur.
 
Je suis une fille du mélange. J’ai sous les pieds la poussière cuivrée de l’Andalousie mélangée à la terre mouillée aux fragrances de violette. J’ai retrouvé une vieille coupure de journal, quand mes parents harassés de fuir la mort espagnole ont atterri en France, ils se sont retrouvés là.

Je peux ainsi te faire visiter mon chez-moi : tu vois le jardin où pousse la ferraille, notre cuisine où nous entreposons des vieux bidons qui permettent de récupérer l’eau, et tu ne peux imaginer mon coin. Une natte au sol, les restes d’une poupée qui a marché, heurté les roches avec nous dans les Pyrénées. Les journalistes qui m’ont découverte, effarés, tenaient une bonne coupure avec notre déchirure. J’ai longtemps pleuré dans le visage sombre d’un orphelinat qui souhaitait réparer mon indigence. De mes parents, plus trace, je croyais qu’ils m’avaient fuie. On, les bien pensants, les bien pesants, m’ont juste séparé d’eux. Pourtant nous aurions simplement eu besoin d’un toit et de petits boulots. Dans mon malheur, une flamme a réchauffé mon cœur, mon amie, ma sœur, celle dont l’Afrique pleine de couleur envahissait nos soirées froides. Manquait à toutes deux le soleil brûlant, celui qui délie les corps, qui brûle délicieusement la plante des pieds. Alors tandis que je lui parlais de la grand-mère au visage paysage, elle transformait nos lits en baobabs. J’étais la mémoire, elle était le marabout. J’étais le souvenir, elle était le mot qui guérit et prépare demain. Nous avons décidé un soir, mélangeant notre sang, de ne plus nous quitter.
Mais il faut bien grandir, aimer, être aimée, rêver un peu, reconstruire le nid. Toutes deux, serrées comme des oiseaux ébouriffés nous attaquions la vie, mal armées. Embryon d’adulte au regard fuyant, nous habitions un studio au centre de Paris, attirées comme des moucherons aveugles par la ville lumière. Des boulots de rien, d’invisibles et l’amour qui un jour me bouleverse, mal préparée.
 
 Les amoureux de Saint James Park
 
Quelques mots pour parler d’erreur de jeunesse : des fleurs, un regard, des gestes, des soupirs, des mélanges puis la brutalité du réveil. Le lendemain de l’amour est maquillé comme une sorcière.
 
Je l’ai attendu longtemps, il m’avait promis pourtant des années de bonheur. Nous devions aller chez ses parents qu’il disait attendris. Je me suis rendue au point de rencontre, dans une rue sombre aux couleurs de l’abandon, une semaine entière, tout cela pour retrouver le vent, celui qui gifle, celui qui crie, mais d’amour plus de trace mis à part une minuscule boule dans mon ventre, que je ne sentais pas encore.
J’ai perdu le goût de la vie, je rôdais tel un fantôme obsédé par des pensées morbides et mes pas toujours me ramenaient là. Les hommes frais rasés, me dévisageaient l’œil torve et plus encore quand mon ventre s’arrondit.
 
La main tendue je la dois à l’amie de toujours, c’est elle qui a emprunté mille livres, c’est elle qui a posé sa main sur mon ventre pour partager le bonheur de la vie en moi, c’est elle qui m’a accompagné sous l’œil des sages-femmes ahuries pour souffler des fou rires.
 
Métro de Londres
 
Et c’est elle qui a pris ce cliché, aux derniers mois de ma grossesse, en me faisant jurer de ne jamais y remettre les pieds, un passeport pour la vie qui ne m’a plus quitté.
Le jour merveilleux et terrible, c’est elle qui m’a tenu la main, m’a soulevé la tête puis a pleuré de joie en te voyant crier.
Pour finir, c’est elle qui nous a lancés tous trois sur le chemin de la migration, elle avait trouvé un petit coin de paradis, au bord de mer. Un petit village en manque de bar-tabac.
 
Petit homme, plein de rage et d’amour, si demain tes ennemis d’amis se moquent de ta « tante », tu pourras relever les yeux et leur cracher au visage car c’est grâce à elle que tu es si beau aujourd’hui. La couleur de sa peau, c’est celle de mon soleil. La douceur de sa voix, les contes qui t’ont bercé. Et sa place et la nôtre nous l’avons gagnée à la rigueur de notre souffrance. Et sache Petit d’homme qu’on ne peut choisir ses amis parmi ceux qui la méprisent.
 
 





par Dom publié dans : Atelier d'écriture
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