Mardi 17 juillet 2007
La figure du beau-père dans la littérature reste plus effacée, probablement parce qu'une mère a par tradition du mal à rompre les liens avec sa progéniture. Ce qui existe sur le
sujet, nous le devons à l'affection profonde qui lie une fille et son père : pour l'un réaction de protection dans un système teinté de patriarcat, amour oedipien-figure omnipotente du père pour
l'autre.
Moins de personnages de roman, moins de blagues, moins de phrases célèbres, peut être que dans notre imaginaire européen, cette "faiblesse" affichée lorsqu'un père est attaché à sa fille n'est pas suffisemment la marque de la force masculine. Reste-t-on si entravé par le patriarcat pour que le beau-père n'entre pas dans le floklore européen, est-on plus prompt à se moquer des femmes ?
On compte deux positions :
- un père angoissé de ne plus être au centre de l'amour de sa fille que son gendre lui a volée.
Les utilisations principalement cinématographiques de cette relation restent essentiellement comiques : le père qui décidément ne voit pas sa place disparaître ainsi d'un si bon oeil, il ne sera plus le héros de sa seule fille, tout s'effondre ! (Nous sommes bien sûr dans un archétype tout à fait caricatural). Ces comédies comme Mon beau-père, mes parents et moi ou Le maraiage de ma fille, qui font dans le genre 38 tonnes de l'humour américain, campent une prise d'indépendance dont la peur n'est pas exempte.
- un père inquiet qui a peur cette fois-ci pour sa fille. Souvent le gendre est lié à la brutalité, l'intervention d'un autre homme fait hélas référence à ces trop sombres heures de couples déchirés par la violence machiste d'un manipulateur. Est-ce là ce que craint le père ? Ces pulsions qui seraient moins bien domestiqué chez le gendre inconnu par l'éducation et la culture. Pèse une tradition bien lourde du lien entre mâle et agressivité.
Du père dont le fils se marie, peu de choses et je ne sais que trop peu ce qui peut lier un garçon et son géniteur.
Mais ce dont je peux vous parler c'est de l'affection que mon propre beau-père nous porte. Discret pourtant présent, aimant et pourtant sortant de sa réserve pour nous dire les mots essentiels qui nous ont fait réagir à des moments difficiles. Soucieux de nous, les bras ouverts, sensible à fleur de peau. Cultivé avec raffinement, je me souviens de longues discussion sur les livres d'Umberto Eco quand je n'en comprenais qu'une infime partie, il éclairait le texte de références. Voyageur aussi, il nous raconte avec plaisir son séjour en Amérique quand Noirs et Blancs vivaient séparés, ce qu'il refusait. Quand nous voyageons avec lui, il prend soin de nous et des enfants surtout, avec une grande tendresse. Artiste enfin, qui réalise de vrais chef-d'oeuvres architecturaux, il sait lier aspect pratique et beauté du lieu, en respectant profondément les traditions de la région, avant de se lancer il a visité et réfléchi, pas de maison prétentieuse arrivant comme un cheveu sur la soupe ! Il arrive à créer des maisons qui toutes jeunes portent déjà l'histoire de leur ville.
Une seule phrase résume : le coeur sur la main.
Merci ....
Moins de personnages de roman, moins de blagues, moins de phrases célèbres, peut être que dans notre imaginaire européen, cette "faiblesse" affichée lorsqu'un père est attaché à sa fille n'est pas suffisemment la marque de la force masculine. Reste-t-on si entravé par le patriarcat pour que le beau-père n'entre pas dans le floklore européen, est-on plus prompt à se moquer des femmes ?
On compte deux positions :
- un père angoissé de ne plus être au centre de l'amour de sa fille que son gendre lui a volée.
Les utilisations principalement cinématographiques de cette relation restent essentiellement comiques : le père qui décidément ne voit pas sa place disparaître ainsi d'un si bon oeil, il ne sera plus le héros de sa seule fille, tout s'effondre ! (Nous sommes bien sûr dans un archétype tout à fait caricatural). Ces comédies comme Mon beau-père, mes parents et moi ou Le maraiage de ma fille, qui font dans le genre 38 tonnes de l'humour américain, campent une prise d'indépendance dont la peur n'est pas exempte.
- un père inquiet qui a peur cette fois-ci pour sa fille. Souvent le gendre est lié à la brutalité, l'intervention d'un autre homme fait hélas référence à ces trop sombres heures de couples déchirés par la violence machiste d'un manipulateur. Est-ce là ce que craint le père ? Ces pulsions qui seraient moins bien domestiqué chez le gendre inconnu par l'éducation et la culture. Pèse une tradition bien lourde du lien entre mâle et agressivité.
Du père dont le fils se marie, peu de choses et je ne sais que trop peu ce qui peut lier un garçon et son géniteur.
Mais ce dont je peux vous parler c'est de l'affection que mon propre beau-père nous porte. Discret pourtant présent, aimant et pourtant sortant de sa réserve pour nous dire les mots essentiels qui nous ont fait réagir à des moments difficiles. Soucieux de nous, les bras ouverts, sensible à fleur de peau. Cultivé avec raffinement, je me souviens de longues discussion sur les livres d'Umberto Eco quand je n'en comprenais qu'une infime partie, il éclairait le texte de références. Voyageur aussi, il nous raconte avec plaisir son séjour en Amérique quand Noirs et Blancs vivaient séparés, ce qu'il refusait. Quand nous voyageons avec lui, il prend soin de nous et des enfants surtout, avec une grande tendresse. Artiste enfin, qui réalise de vrais chef-d'oeuvres architecturaux, il sait lier aspect pratique et beauté du lieu, en respectant profondément les traditions de la région, avant de se lancer il a visité et réfléchi, pas de maison prétentieuse arrivant comme un cheveu sur la soupe ! Il arrive à créer des maisons qui toutes jeunes portent déjà l'histoire de leur ville.
Une seule phrase résume : le coeur sur la main.
Merci ....
par Dom
publié dans :
La p'tite famille
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander




Commentaires