Pour oublier les hérissons qui logent gratuitement dans ma gorge, je me suis décidée à regarder la mélodie du bonheur avec Julie Andrews.
Dans le genre film qui a mal vieilli, j'ai fait fort.
Imaginez la jeune fille écervelée qui se retrouve au couvent, dieu seul sait pourquoi (l'explication est assez sommaire), et qui rend chèvre ces pauvres religieuses vouées au silence (la chanson est interdite, le rire est interdit, l'exhubérance est interdite, du coup elle fugue dans ses montagnes natales, sans voile : quelle horreur !)
Solution de la révérende mère : la bouter hors du couvent en la jetant dans une famille sclérosée, dirigée au sifflet par un magnifique spécimen de l'ombrageux capitane ténébreux (vous savez "le Veuf, l'Inconsolé" de G. de Nerval). Comment se faire aimer des ces sept enfants de l'artistocratie Viennoise habitant dans une villa où mon appartement tiendrait dans l'entrée (et accessoirement du beau ténébreux) ? Je vous le donne en mille : chanter voyons ! Voilà une recette qui a fait ses preuves, les choristes pourront vous l'assurer : la musique adoucit les moeurs.
Ceci étant dit le magnifique capitaine à la retraite ramène sa promise, une somptueuse comtesse qui lorsqu'elle aperçoit l'amour naissant entre cette jeunette et son futur passe à l'action et la renvoie dare dare à son couvent.
La Mère supérieure (qui ne veut pas de nouveau s'encombrer d'une telle recrue qui met en émoi toutes les autres), comprenant ce qui se passe (elle est d'une connaissance de l'être humain absolue !) la renvoie briser l'idylle aristocratique. Exit la comtesse, il faut le dire avec beaucoup de classe : pas une larme, pas une crise de rage ni un crêpage de chignon. Digne elle repart et jette même son amant dans les bras de sa rivale (avez-vous déjà entendu cela vous ?). Phrase de référence de la Mére Sup parlant d'espoir : quand une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre : pour la comtesse, elle s'ouvre toute grande, d'un coup de pied virtuel la voilà éjectée de l'histoire.
Suit la chanson d'amour alambiquée : Nous avons dû faire une bonne action pour mériter ce bonheur aujourd'hui.
Alors là deux questions s'imposent :
1- Méritons-nous le bonheur (je méditerai la réponse un soir de chtite poire..référence aux Guignols de l'info)
2- Qu'est-ce qu'elle a fait la comtesse pour mériter son sort ? Je vous laisse me proposer des idées, je les publierai. Je reste persuadée que le réalisateur est passé à côté du film sulfureux ! : )
Evidemment impossible d'échapper au mariage à robe gâteau.
Mais tout n'est pas fini. Nous sommes dans l'Autriche de l'Anschluss (début de l'envahissement par les allemands nazis), et notre héros refuse l'ennemi si bien accueilli par d'autres. Nous sentons l'arrivée indéniable du drame. C'est le moment où la grande fille de 16 ans choisit de parler de ses amours avec sa belle-mère et elles entonnent un : "tu verras l'avenir sera riant, il s'ouvre à toi dans le bonheur" dans un pays qui se fait envahir c'est très logique ! ... et quelques minutes plus tard voilà notre famille traquée par les "mauvais autrichiens", ceux à la solde des Allemands. Ils décident de s'enfuir en passant par la case couvent. Les religieuses les cachent, ils s'enfuient par une porte dérobée tandis que les "méchants" ne peuvent pas les poursuivre parce qu'on a trafiqué leur voiture. Suspens : qui a aidé les fuyards ? C'est le seul moment de bonheur du film :
- Mère, j'ai pêché, dit une religieuse.
- Moi aussi Mère, avoue la deuxième.
- Qu'avez-vous donc fait mes enfants, répond-elle en fronçant les sourcils.
Et elles sortent de derrière leur dos des pièces du moteur.
FIN : on voit la famille crapahuter en talons (à l'époque, se mettre en pantalon et chaussure de montagne ce n'était pas pour les femmes) vers la montagne enneigée censée représenter la frontière. Laquelle ne me le demandez pas, la géographie, l'histoire ce n'est pas mon fort, mais il me semble qu'entre les neiges éternelles (et espérons qu'un "Saroumane" ne déclenchera pas les éléments !) avec 7 enfants et la guerre qui s'étend dans toute l'Europe, à moins de se réfugier dans une abri de berger, leurs ennuis sont loin d'être terminés (encore une fois, le film du siècle est évité !). Il est vrai que cependant le réalisateur ne pourrait plus filmer les magnifiques salons de cette famile aristocrate vouée à la pauvreté.
Bref, un bon moment de 2nd degré ! Franchement revoir cela vaut le coup !
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