Bon je fais dans l'hyper connu, Baudelaire, mes meilleurs souvenirs de français. Ce soir je m'offre les grand mots pour décrire la fatigue désespérante qui m'envahit. Il pleut, les momes ont râlé toute la journée, ma maquette dans l'exposition particulièrement belle rend comme un bout de carton délavé (il gondole toujours un peu), notre maison ressemble à un chantier et notre castor est un ragondin... Pff, les bras m'en tombent. Je vous livre mon spleen du mercredi soir avec le mots d'un autre, je ne me sens pas le courage de l'exprimer moi-même.
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Demain sera un autre jour, mais je doute de moi.


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