C'est aujourd'hui que ce grand poète nous a laissé orphelins de sa lutte menée jusqu'à son grand âge. Il nous offre cependant ses mots pour continuer ce qu'il a commencé, une véritable
transformation de la pensée teintée de colonialisme et de paternalisme.
Une relecture de son discours sur le colonialisme a été réalisé sur ce site, il nous enjoint à repenser un monde plus juste, sans
faux-semblants cache-misère d'un occident méprisant et destructeur. Il n'y a qu'à voir encore aujourd'hui notre mondialisation détruire consciencieusement des populations pour un profit immédiat :
cf
Le cauchemar de Darwin, cet excellent documentaire sur les traffics autour de la perce du Nil, affamant les populations mais
n'oubliant pas de les armer histoire qu'ils s'entretuent. Pour information il passera mardi 22 avril à 21h00 sur Arte.
Le constat d'Amin Maalouf dans son livre Le premier siècle après Béatrice est tout aussi noir. Un Occident qui se nourrit sur le dos de son Orient ne peut que sombrer dans le chaos...
Je vous laisse cependant savourer les mots au delà de la révolte, il nous laisse sa...
Prophétie
Là
où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s'ouvre d'un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
Aimé Césaire
Je suis désolée, bien qu'en vacances je me sens débordée. Ce week-end on a repeint mon lit d'enfant récupéré chez mes parents et on l'a peint en vert très pastel. On va passer Grand Chavalier de
son lit à barreaux à un vrai lit, comme il dit. Ce matin j'ai bossé à mon école. Ensuite l'après-midi, j'ai pris du temps avec Grande Princesse, c'est du temps que pour elle, Grand Chevalier était
chez sa nounou. Du coup on est allé chercher les livres CE1 du Prix des Incorruptibles et ce soir on les a tous lus, c'est une dévoreuse de pages. Demain elle ira voter pour celui qu'elle a préféré
dans la médiathèque de mon école. Hier et avant-hier j'ai fini mon mouvement avec 81 voeux et dont j'ai enlevé 6 écoles où le trajet était impossible (testé hier, ça tourne et sûrement plein
de neige l'hiver, ma vieille 309 n'y résisterait pas). J'ai vérifié ce soir avant que l'heure ne tourne, c'est fini...ouf et bof...bien fini. Une page est tournée.
Ce soir j'ai rédigé un article péda, un petit tour de blog et voilà...je vais me coucher en vrai noctambule que je suis devenue depuis quelques temps. Allez, bonne nuit à tous.
Ah ! Avant de vous quitter faites un tour par ici à
l'école de Kiluutaq. Les élèves présentent leur village. Ce document est rare et
complet, une vraie mine géographique. Par contre je serai curieuse de savoir ce qu'en pense
Moukmouk...
Bon allez, c'est vraiment temps... Une petite berceuse de mon enfance pour la route :
Doucement (la chanson que maman nous chante pour dormir)
Doucement doucement
Doucement s'en va le jour ,
Doucement , doucement ,
A pas de velours .
La reinette dit sa chanson de nuit ,
Et le lièvre fuit sans un bruit .
Doucement , doucement ,
Doucement s'en va le jour ,
Doucement , doucement ,
A pas de velours .
Dans le creux des nids ,
Les oiseaux blottis ,
Se sont endormis , bonne nuit .
Doucement , doucement ,
Doucement s'en va le jour ,
Doucement , doucement ,
A pas de velours
Et pour l'écouter c'est ici. Tout simple, tout doux, comme une maman !
C'est un nom que j'ai entendu bercer mon enfance, dit avec la voix de mon père qui se délecte de ses vers, parmi d'autres poètes qu'il aime. C'est rare dans la vie de côtoyer un homme qui admire,
se gargarise, se repaît de poésies comme mon père. Mon amour de la musique des phrases qui m'enchantent et me surprennent me vient de lui, assurément.
Je vous livre ses mots, rugueux, obscurs et qui pourtant portent un souffle qui m'a toujours enthousiasmée. Il est tard. Demain, j'essaierai de vous écrire un article un peu plus complet.
Je pense à lui qui souffre dans la nuit de la douleur.
Tam-tam de nuit
train d'okapis facile aux pleurs la rivière aux doigts charnus
fouille dans le cheveu des pierres mille lunes miroirs
tournants
mille morsures de diamants mille langues sans oraison
fièvre entrelacs d'archet caché à la remorque des mains de pierre
chatouillant l'ombre des songes plongés aux simulacres de la mer
Toujours pas de commentaires mis à part :
-
Si vous voulez aller les lire c'est par ici.
- Je me demande comment faire l'année prochaine avec 3h en moins et du sport, des matières en plus... et de plus une complexification des notions à travailler.
- Un p'tit tour sur le
blog du porte parole de ceux qui sont derrière ces programmes, vous apprécierez le niveau de langage, la délicatesse et
l'absence de menaces à l'encontre de ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, ça fait froid dans le dos brrr !
Je vous en offre un petit extrait pour la route :
"La liste des signataires a ceci de précieux qu'elle nous donne, à nous qui œuvrons pour la rénovation de l'Ecole, la liste des
parasites. Monsieur le ministre, peut-être serait-il temps de
faire le ménage ? Un membre éminent du PS, en 1981, proposait de couper quelques têtes. Rappellerai-je qu'
un peu de terreur ne nuit pas à l'exercice de la vertu — "la vertu, sans
laquelle la terreur est funeste. la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante", comme disait un grand homme fort calomnié…
".
Et si en tant que parent cela vous fait le même effet que moi, en pensant à mon petit garçon qui entre à l'école maternelle l'année prochaine et qui subira ça, vous pourrez aller signer ici :
Pétition
contre le projet de nouveaux programmes pour l'école primaire
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