Texte libre

Vous êtes à ce jour nombreux à m'avoir rendu visite, merci à tous (le comptage commence aujourd'hui : 3 novembre 2006). Depuis le début de la création de ce site vous avez été  8379 à venir me rendre visite, ça se fête !!!!

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Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère  que ça va fonctionner....

Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.

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Samedi 21 juillet 2007
Alter Ego n'est pas rancunier, malgré la mésaventure d'hier il m'a rapporté une petite/merveilleuse/inattendue/.../ surprise.
Nous nous préparions à une tranquille petite soirée, le temps est à l'orage tant mieux, il fera plus frais. Je couche les petits Zamours qui ne tardent pas à rejoindre Morphée (pour une fois ça se fête), j'ai emprunté un Ginger Rogers (Mademoiselle et son bébé) à la bibliothèque, une soirée comédie tranquille en prévision...

Et bien non, j'avais oublié la date fatidique : la Sortie du livre d'Harry Potter en anglais.

C'est tout moi : oublier la date que j'attendais depuis un mois !

Alter Ego m'attendait avec son petit air conspirateur, sous un papier Décitre m'attendait sagement mon exemplaire tant convoité.

http://www.cctv.com/program/cultureexpress/20070329/images/103647_d2.jpg

Me voici l'heureuse propriétaire d'un des milliards de livres, gardés comme des diamants jusqu'au dernier moment. Aucune fuite ne m'a touchée et c'est un regard neuf qui va accueillir les dernières aventures d'Harry.

Soirée programmée : Ginger Rogers version anglais sous-titrée, cela me remettra dans le bain, en tenant des deux bras Mon Livre, j'ai peur car si je l'ouvre je crains de n'être plus qu'un succédanné de moi pendant quelques temps !!!!

http://www.editionsmontparnasse.fr/images/photos/affiches/833.jpg

par Dom publié dans : Mes lectures
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Vendredi 13 juillet 2007
Il sera dit que ce début de vacances sera pour moi sous le signe du : je-dois-rattraper-tous-les-livres-que-je-n'ai-pas-pu-lire et aujourd'hui c'est un cadeau d'élève :
L'élégance du hérisson de Muriel Barbery.
C'est un tel plaisir à lire, un bonheur comme savourer un menu 4 étoiles, au bord de mer en écoutant une suite de bach pour violoncelle.
L'intrigue est simple à première vue mais totalement à l'encontre de notre société déterministe.
Une concierge archétypale dans un immeuble de riches méprisants et méprisables (pas tous mais une bonne partie)  cache derrière son image une autodidacte de talent. Elle se recroqueville de rage quand Madame "Prout prout" (si je peux l'appeler ainsi) utilise mal les virgules, fait des erreurs de langage à l'oral et adore se cacher dans sa pièce secrète pour savourer films japonais, littérature russe, philosophie transcendentale et petits plats.
Le livre est un chassé-croisé entre les pensées de cette femme exceptionnelle et d'une jeune fille de 12 ans, intellectuellement précoce qui cherche à trouver une étincelle de beau dans la vie ce qui lui permettrait de renoncer à son projet mûrement réfléchi : mourir.
Deux personnages poignants engoncés dans les images d'Epinal qu'ils offrent au monde. Pourtant personne ne peut soupçonner l'immense richesse de leur vie intérieure qui pour l'une est un choix mais pour l'autre est un facteur de désespérance.
Ajoutez à cela un zeste d'humour, une langue particulièrement savoureuse et des situations paradoxales vous aurez une petite idée du plaisir que vous trouverez en vous plongeant dans ce magnifique livre que j'ai fini par offrir à tout le monde ! (ou presque).

http://www.livreshebdo.fr/cache/couvertures/9782070780938.jpg
par Dom publié dans : Mes lectures
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Mardi 10 juillet 2007
Le titre vous dit tout.
Je viens d'achever cet étonnant ouvrage d'Italo Calvino : Si par une nuit d'hiver un voyaygeur.
Vous ne pourrez pas sortir indemne de cette lecture, tout d'abord parce que vous ferez partie de l'intrigue, si vous êtes un homme sous le nom de Lecteur, si vous êtes une femme représentée par une mystérieuse Lectrice qui dévore les livres, nonchalamment installée sur une chaise longue, fantasme vivant pour les différents personnages affublée d'une soeur peu agréable, occupée elle à disséquer les livres pour les analyser...beark...vieux souvenirs de collège !
C'est aussi un ouvrage quelque peu difficile mêlant intrigues, début d'histoires et théories sur l'acte de lire ou d'écrire. 
Le fil conducteur, la véritable histoire finalement, c'est la vôtre : le désir d'achever un ouvrage puis plusieurs puisque le Lecteur qui vous représente poursuit une quête désespérée : retrouver la suite du premier ouvrage commencé, puis retrouver toutes les suites. Le livre est ainsi conçu : un chapitre de votre vie de Lecteur en quête, un chapitre composé avec les débuts de différents ouvrages trouvés dans diverses occasions.
L'auteur s'amuse, joue avec notre frustration et parfois c'est difficile de se dire : voilà un nouveau début, à quoi bon le lire puisqu'on en saura jamais la fin.
Mais c'est aussi une réflexion sur Le Livre, celui que nous avons tous rêvé de lire parce qu'il répond à nos désirs de lecteur, précisément. Et quel autre livre qu'un inachevé peut mieux remplir ce rôle ?
Il propose aussi de rencontrer un auteur au travers de son journal et là des interrogations, plus subtiles que l'angoisse de la page blanche.

Vous l'aurez compris, ce n'est pas un livre de plage ou de train, c'est un livre à déguster au calme, à tête reposée et qui fera travailler à la fois les méninges ainsi que notre système émotionnel !!!.

Allez, je vous offre des extraits du chapitre un :

"Tu vas commencer le nouveau roman d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Ecarte de toi toute autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague. La porte, il vaut mieux la fermer ; de l'autre côté la télévision est toujours allumée. Dis-le tout de suite aux autres : "Non, je ne veux pas regarder la télévision". Parle plus fort s'ils n'entendent pas : "Je lis! Je ne veux pas être dérangé!"...
Prends la position la plus confortable : assis, étendu, pelotonné, couché. Couché sur le dos, sur un côté, sur l'autre, sur le ventre. Dans un fauteuil, un sofa, un fauteuil à bascule, une chaise longue, un pouf. Ou dans un hamac si tu en as un. Sur ton lit évidemment ou dedans. Tu peux aussi te mettre la tête en bas, en position de Yoga. En tenant le livre à l'envers évidemment...
Te voici donc prêt à attaquer les premières lignes de la première page. Tu t'attends à retrouver l'accent reconnaissable entre tous de l'auteur. Non. Tu ne le retrouves pas... il semble vraiement que ce livre-ci n'ait rien à voir avec tous les autres, pour autant que tu t'en souviennes. Tu es déçu ? Un moment. Il est normal que tu sois un peu désorienté...Et puis tu poursuis ta lecture et tu t'aperçois que le livre se laisse lire indépendamment de ce que tu attendais trouver de l'auteur. C'est le livre en soi qui attise ta curiosité, à tout prendre, tu préfères qu'il en soit ainsi. Te retrouver devant quelque chose dont tu ne sais pas encore bien ce que c'est."

Bonne lecture...
http://www.livres-online.com/IMG/arton2003.jpg
par Dom publié dans : Mes lectures
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Mercredi 4 avril 2007
La Brigade des "pelleteux de nuages".
Comme toujours, je découvre après tout le monde l'écrivain incontournable et c'est un réel plaisir de lecture. Adamsberg est un commissaire principal à la tête de la plus incroyable brigade, composée d'éléments disparates, décrits par l'auteur avec une affection apparente. Attachés par un contexte décrit avec soin, elle nous emmène dans un dédale de situations tour à tour cocasses et surprenantes suivant l'esprit brumeux de leur chef semant avec indifférence le chaos parmi ses coéquipiers. J'apprécie ce personnage massif, peu soucieux des apparences, y compris la sienne, et pourtant brusquement préoccupé par des indices fumeux dédaignés par les rationnels. Il trouve son inspiration dans ses longues promenades sous la pluie auprès d'un fleuve qui lave ses idées afin d'en trouver le fil d'Ariane, rapportant à ses collègues un galet de ses voyages, cadeau encombrant censé servir de presse papier. De la folie au raisonnable il n'y a pourtant qu'un pas, j'aime l'idée que des méandres du brouillard finit par surgir le génie, c'est rassurant. Il cohabite avec des ombres, des intuitions qui ne le trompent jamais.
Les relations entre les différents personnages sont pertinentes. Ce commissaire mouvant est "cadré" par son adjoint, Danglard, le spécialiste des réponses aux questions, noyant dans le vin blanc ses interrogations sans fin. Il est également l'érudit, le rationnel, l'obsessionel connaissant par coeur l'ensemble des districts policiers.
Il résout ses énigmes en gardant des relations avec 3 universitaires fauchés : un archéologue préhistorien, un médiéviste spécialiste du repassage (pour survivre)... dont trois édredons illustrés pouvent lui servir d'alibi, et un historien de la seconde guerre mondiale.
Sans oublier les personnages de second plan qui ressortent comme des motifs sur une tapisserie. Veyrenc et son malencontreux atavisme familial : composer des vers. Le Guern, marin breton qui choisit de se sortir d'une mauvaise passe en épousant le métier de son arrière grand père défunt qui le visite régulièrement : crieur public ...
Je n'ai pas pris autant de plaisir à lire un polar depuis Boris Akounine et son Fandorine ou Alexander Mc Call Smith avec Ma Ramotswe...mais ce sera pour une prochaine fois.
Dernier détail auquel toute mère sera sensible : ce flic hors du commun arrive à endormir son fils de 9 mois rien qu'en posant la main sur sa tête...un vrai don ; ) En plus il ne rechigne pas à le garder quand elle en a besoin. Bon en même temps il lui lit Les techniques de construction de murs composés de galets et se permet de réveiller Danglard en pleine nuit pour lui demander la signification due l'opus spicatum sous prétexte que le "petit" veut savoir... étrange mais drôle. Et c'est sur ces deux mots que je finirai ce billet, ce qui caractérise ma lecture de cet auteur : l'ironie et l'irrationnel qui nous mène comme Thésée vers la sortie du labyrinthe suivant un fil tordu comme du vieux métal fatigué.

Courez et si ce n'est déjà fait dévorez :
- Dans les bois éternels
- Pars vite et reviens tard
Ajoutez :
- Léviathan de Boris Akounine
- Alexander Mc Call Smith Ma Ramotswe détective

... et vous obtiendrez de belles nuits blanches en perspective : )
par Dom publié dans : Mes lectures
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Samedi 27 janvier 2007
"Parce que c'était lui, parce que c'était moi."
Cette célèbre phrase de Montaigne parlant de La Boétie convenant parfaitement l'amie de Grande Princesse, je me suis donc intéressée à ce prodige (laissant pour une fois mon ami Montaigne de côté), parfois appelé Le Rimbaud de la pensée en hommage à sa fulgurance et à sa jeunesse lors de sa mort.
En cherchant ce qui avait pu lier ces deux hommes par une amitié fidèle, je suis tombée sur Le Discours de la Servitude Volontaire écrit par La Boétie.
Et j'ai découvert un grand penseur, luttant contre la tyrannie de l'homme contre l'homme. Un texte intéressant, édifiant et qui étaye notre pensée (car il ne suffit pas de haïr la tyrannie pour la combattre, me rappelant une houleuse discussion concernant Pinochet).
« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »
Commençons par une réflexion qui reparle de l'implication de la victime dans sa servitude. Ce sujet porte à polémique.
"Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes,
tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent, qui n'a pouvoir de leur nuire qu'autant qu'ils veulent bien
l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s'ils n'aimaient mieux tout souffrir de lui que
de le contredire."
Je m'étais justement toujours demandé, non comment on supporte sans broncher la mise en place d'une tyrannie, mais plutôt que ferait le tyran sans l'adhésion pleine et entière de ceux qui se mettent à son service. J'ai plus de facilité à comprendre que la peur puisse paralyser, baillonner une population. Comment trouver la force de lutter lorsque le risque alors endossé peut détruire sa famille entière. Seul c'est parfois plus facile de résister qu'une personne à charge de famille. Cependant et c'est plus cela qui m'étonne lors de la seconde guerre mondiale, des parents ont résisté passant au delà de l'intérêt individuel et en ayant une grande conscience humaniste. Si on laisse aujourd'hui une population sa faire tuer, où la folie meurtrière s'arrêtera-t-elle ?
"Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même,
pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose,
mais de ne rien lui donner."
Longtemps j'ai réfléchi sur la mise en place d'une dictature et c'est peut être la question essentielle. Comment arriver à :
- repérer l'homme dangereux
- ne pas lui permettre d'accéder au pouvoir
- ou en tous cas lutter immédiatement avant qu'il n'aie eu le temps de constituer sa réserve d'hommes à son service créant le climat de peur / sans quoi il ne pourrait rien.
Je n'ai pas la réponse. Personne ne l'a je crois. Peut être que l'être humain à un tort, il laisse à  l'ambitieux le bénéfice du doute. Un peuple, avec la force d'inertie née du nombre, n'arrive pas à réagir avant qu'il ne soit trop tard, voire pour certains sont si aisément manipulables qu'ils peuvent même accréditer ce pouvoir et l'aider par ignorance, bêtise, manque d'éducation à accéder au pouvoir qui leur nuira.
De mon côté je pense que l'éducation, celle qui libère l'individu et lui permet de réfléchir par lui-même, seule peut éviter ce désastre. D'ailleurs, la culture et l'éducation sont les cibles de manipulateurs (toute ressemblance avec la situation actuelle est réfléchie !). Une fois détruits (confiance dans l'enseignant, l'institution scolaire, destruction des intermittants...des libres penseurs...brrrr !) ils auront les mains libres.
En guise de conclusion, une nouvelle question, tenterez-vous d'y répondre :
"Je poserai cette question : si par hasard il naissait aujourd'hui quelques gens tout neufs, ni
accoutumés à la sujétion, ni affriandés à la liberté, ignorant jusqu'au nom de l'une et de l'autre,
et qu'on leur proposât d'être sujets ou de vivre libres, quel serait leur choix ?"


Site où vous trouverez le texte intégral.
Un site où le texte est expliqué.
par Dom publié dans : Mes lectures
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