Dimanche 11 février 2007
La magnifique participation d'Oxygène.

Pacifique Ouest. Janvier 2002. Ascension du volcan d'Ambrym au Vanuatu dans des conditions inadaptées par manque d’informations.
Levés très tôt, pour profiter de la fraîcheur, nous perdons un temps fou à circuler de village en village dans la plaine. Les touristes ne sont pas si fréquents et nous sommes en quelque sorte exhibés à chaque arrêt du 4X4 qui nous amène au point de départ. J'ai d'ailleurs le sentiment que notre présence renforce le prestige du chef coutumier de l'île qui s'est adjugé le monopole de l'hébergement. Vieux grigou qui impose son autorité et exploite une population extrêment crédule.
Lorsque nous commençons notre ascension, il fait déjà bien chaud. On nous annonce 3h de marche, il en faudra 10, aller retour.
Provisions de route : un sandwich et 3 l d’eau que nous partagerons avec des coéquipiers imprévoyants que nous n’avons pas choisis.
Chaleur humide. Pas de sentier, il faut suivre le guide dans les lits de torrents saisonniers, sur les coulées de cendre et des lignes de crêtes étroites comme des lames de rasoir.
La trace se fait au sabre d’abattis. La forêt est dense. Heureusement, les fougères arborescentes nous empêchent de dévaler les pentes très abruptes.
Nous montons et descendons au gré du relief par un mouvement tournant pour nous approcher du cratère. Pendant des heures et des heures, monter, descendre, s’accrocher aux troncs, aux branches, s’arrêter.
Jurer qu’on ne bouge plus, que ça suffit et frémir en pensant au retour. Et puis repartir sous les encouragements d’un compagnon rudement efficace, exténué lui aussi. Je ne veux qu'une chose : m'arrêter et passer la nuit dans la forêt pour me reposer. Encore faudrait-il que notre réserve d'eau nous le permette !
Arrivés au sommet, nous savourons la fin de ce calvaire.
Non ! La caldera fait douze km de diamètre, le cratère est encore loin. Il faut encore marcher pendant une heure et demie alors que le soleil est au zénith. On se croirait en plein Sahara tellement il fait chaud et sec. Le sol est noir, il n’y a presque pas de végétation mais le paysage est grandiose.
Repos d’une heure. Pas plus. Le guide ne veut pas prendre de risques. Il y a eu un fort séisme la veille.
Je trouve une magnifique bombe volcanique en obsidienne mouchetée. Un must. Une récompense.
Ce n’est que quelques mois plus tard que j’apprendrai qu’Ambrym est dangereux, c’est un « gris », du genre explosif…Il est toutefois surveillé par les chercheurs et scientifiques de l'IRD basés à Nouméa.
Le retour est épuisant. Nous avons soif. Les bananiers, les manguiers, les cocotiers sont vigoureux sur cette terre volcanique mais aucun ne donne de fruits.
Les pluies acides les ont stérilisés. Hormis les mouches, il n’y a pas d’insectes non plus. Sur les pentes, la forêt est silencieuse.
Nous accompagne de loin, une bande de gamins qui rejoignent leur collège, de l’autre côté de l’île, pour la rentrée scolaire.
Ils vont pieds nus ou en tongs, n’ont ni eau ni sandwich et grimpent comme des chèvres, avec légèreté.
Le week end et à chaque vacance, ils traversent le volcan pour rentrer chez eux, heureux d’avoir une école où apprendre.
par Dom
publié dans :
Atelier d'écriture
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