Et on veut renvoyer les enfants dans leurs pays de misère, dans leurs pays déchirés, dans le pays que leur mère a choisi de quitter pour se reconstruire ? A-t-on pensé aux règles de l'hospitalité ? Sommes-nous devenus résolument aveugles à la misère des autres, engoncés dans notre petit confort ?
Si vous pensez ainsi, allez signer la pétition sur le site du Réseau Education Sans Frontières /adresse en haut de mon blog/ ou cliquez sur la bannière dans le blog de Thierry Lenain :
http://www.thierrylenain.net/
Si vous n'êtes pas convaincus, lisez dans ce dernier blog les articles concernant Aïssata. Je pense que l'histoire de ces enfants sera la meilleure démonstration qu'il faut faire quelque chose, que cela nous concerne tous si nous voulons sauvegarder une dignité et nos valeurs.
Toujours pas ? Lisez donc ce texte de Victor Hugo :
L'enfant
Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.
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