Texte libre

Vous êtes à ce jour nombreux à m'avoir rendu visite, merci à tous (le comptage commence aujourd'hui : 3 novembre 2006). Depuis le début de la création de ce site vous avez été  8379 à venir me rendre visite, ça se fête !!!!

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Grâce à Kévin (site la recherche du bonheur qui est une véritable perle pour réfléchir), voilà une carte du monde du lieu de vie de mes lecteurs (je croise les doigts pour que ça marche!!!!). J'espère  que ça va fonctionner....

Merci à vous tous encore une fois de votre intérêt pour ce modeste blog.

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Vendredi 12 mai 2006

Une poésie que mes élèves ont eu un grand plaisir à apprendre petit à petit et avec le ton. Humour, beauté, poésie, musique de la langue... que demander de plus ?

J'ai trouvé un site où des élèves ont utilisé cette idée pour écrire leurs propres poèmes, à visiter :

http://www.ac-nancy-metz.fr/petitspoetes/HTML/SALLESDEJEUX/JEUALAMANIERE/JEUALAMAPOR.html

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 

Jacques PREVERT

par Dom publié dans : poésie
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Vendredi 12 mai 2006

Mettez-moi en péril d'écrire. Je commence une histoire, je vous donne le début. A vous d'essayer de perturber mon écriture en me proposant chaque jour un personnage nouveau, une péripétie, un événement inattendu, des mots à placer, des bouts de phrase, un lieu... Je relèverai votre défi !

Notre histoire :

Le 8 mai, au matin, il enfila gravement son heaume complétant ainsi sa panoplie de chevalier. Dans quelques instants...mais est-ce la peine d'y penser déjà ? Il se forçait à respirer calmement en empoignant sa lourde épée, compagne de toujours.

Erwan, car c'était son nom, respira calmement puis sortit de la tente. Dehors, ébloui par le soleil, il ne perçut tout d'abord qu'un murmure qui s'amplifia. Sa prestance avait ému la foule bruissante qui attendait. Ses yeux s'habituèrent à la lumière et il vit l'amoncellement de la population au pied des remparts, il lui sembla même voir furtivement quelques visages, maculés de boue, cachés dans les machicoulis.

"Des manants venus contempler en secret notre combat, pensa-t-il. Le roi serait sévère s'il les découvrait."

La masse compacte des spectateurs frémit d'horreur brusquement à la vue du terrible adversaire de notre chevalier entrant à son tour dans l'arène. Les carrures étaient par trop inégales. On murmurait dans son dos qu'il aurait un ancêtre géant.

Erwan se souvint des conseils de sa Grand-mère :

"Mon fillot, pour ne pas céder à la panique imagine ton adversaire dans quelque posture ridicule."

Il eut un peu de mal devant cet immense homme sombre puis il lui sembla distinguer dans son ennemi un pagure minuscule hébergé dans sa nouvelle coquille d'acier. Cette idée le fit sourire. Il ne pensa plus à l'éventuelle capitulation dont il avait rêvé dans ses nuits sans sommeil. Plein d'un courage nouveau il empoigna son épée et se rua sur le monstre en hurlant. Le choc fut terrible, des étincelles jallirent du métal frotté. Damoiselle Isabeau ne put retenir son souffle plus longtemps et se laissa glisser sur le sol au pieds de sa soeur qui la toisa d'un regard ironique.

Lorsqu'elle reprit conscience elle était étendue sur un lit à baldaquin placé dans quelque pièce étrange. Une fois sortie de sa torpeur elle se mit à revivre les jours précédant le drame qui se jouait sur l'arène. Son corps alangui, encore douloureux, ne reflétait pas le fil mouvementé de ses pensées. Fourbue, elle ne pouvait bouger d'un doigt mais se laissait entraîner le long de la rivière mémorielle.

La première fois qu'elle rencontra Erwan et leur amour interdit, fulgurant. L'horrible délatrice qui surprit leurs ébats, les condamnant par sa jalousie. Ce vil sentiment poussa sa soeur, son aimée, à s'épancher auprès d'un agent du roi qui rédigea en hâte une charte condamnant les amants. Ils tentèrent de fuir le bailliage mais ce monstre géant, reconnu par sa cruauté, poussé par la promesse d'un mariage forcé, les arrêta en cette terre maudite. Il ne put les ramener le roi chassant par là et prenant les jeunes gens en pitié. Mais tout roi qu'il était il ne put que proposer ce combat inégal promettant la jeune fille au vainqueur.

Une clameur s'éleva par dessus les remparts. Elle se leva avec peine et s'approcha de la fenêtre. Son bien aimé gisait à terre baignant dans son sang. Un silence lourd, pesant se répandit dans la foule atterrée. Puis les hurlements inhumains du vainqueur les fit frissonner. Le jeune fille tremblante, à ce terrible spectacle, sut ce qu'il lui restait à faire. Elle sortit une petite boîte brillante. Trois myrtilles en sortirent roulant dans sa paume douce. Elle les avait achetés à la sorcière vivant dans les sombres dédales du château, ci-devant Claude de la Ribaudière, princesse ayant perdu son titre après avoir craché sur un représentant de l'église, fort entreprenant au demeurant. Elle fit une dernière action en cachant derrière une pierre mal scellée du mur la lettre secrète qu'Erwan lui confia avant son combat. Ils s'étaient revus au travers de la grille de son cachot, un dernière fois, le temps d'enlacer leurs mains et la chaleur désespérée de leur amour les avait envahis. C'est là qu'il lui avait donné ce papier en lui soufflant qu'il s'agissait d'un grand secret qui ne pouvait tomber dans des mains ennemies. Elle jura de les protéger mais son propre destin était alors scellé au sien.

Un grand silence tomba. L'interlocutrice qui avait écouté avec respect le vieil homme au regard pétillant souffla doucement comme si elle cherchait la respiration qu'elle avait retenu jusqu'alors.

- Serait-ce ? commença-t-elle. Est-ce possible ?

- Le DaVinci Code ? acheva-t-il. Il y a une révélation qu'il faut que j'ajoute pour vous convaincre. Erwan appartenait à la célèbre famille des De Saumure.

- Je comprends, murmura Galadriel. Et où cette lettre peut-elle se trouver maintenant ?

- J'ai fouillé la pièce du château il y a bien longtemps mais il ne restait rien.

- Rien ?

- Rien qu'un peu de poussière rouge et une gravure grossière.

- Il ne nous reste plus qu'à confronter nos informations.

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Et tous ceux qui connaissent ce célèbre roman (que je prise fort peu, il faut le dire par méfiance naturelle envers une certaine forme de succès basé sur le mystique, connaissent la fin de l'histoire ! : )

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Merci Mystérious, vocabulaire trouvé (vive le petit larousse !)

pagure : bernard l'ermite

machicoulis : encorbellement en haut des remparts, avec des trous permettant de lancer des projectiles sur les attaquants

Karaba : les mots m'ont donné du fil à retordre, il m'a fallu réfléchir ): )! 

Merci pour ta sollicitude chère Galadriel. Dame Isabeau, l'élue, n'avait plus qu'à prendre place !

Définitions moyen-âgeuses de la terminologie employée par Oxygène (moi-aussi je peux faire mon universitaire !!!! : )

bailliage : circonscription du bailli, au Moyen âge

Et il fallait donc définir : Bailli  : agent du roi chargé de fonctions administratives et judiciaires

charte ou chartre : Document établissant des droits, des privilèges et qui réglaient des intérêts, au moyen âge. 

Tichoukt ououfal a failli me faire périr ! Mais finalement c'était une bonne idée qui m'inspira par contre le nécessaire drame auquel je ne pouvais me résoudre !

ci-devant : noble déchu de ses titres et de ses privilèges

Rendez-vous demain pour un nouvel atelier d'écriture

par Dom publié dans : Atelier d'écriture
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Jeudi 11 mai 2006

J'ai l'impression parfois de vivre en moi-même parce que se lever chaque matin avec la conscience que je suis une privilégiée dans ce monde de brutes m'oblige à me réfugier dans une sorte de semi-conscience. Se dire en se regardant dans la glace que quelque part ailleurs des hommes en font souffrir d'autres pour des raisons incompréhensibles, des femmes ne peuvent pas vivre étouffées par des traditions qui les tue à petit feu, de penser à ces enfants esclaves qui fabriquent les jouets des nôtres, de porter la responsabilité d'ancêtres peu glorieux... et j'en passe. Et pourtant ici, il fait beau, nous pouvons sortir sans avoir peur de mourir dans le jour qui se lève, je peux affronter alter ego et lui affirmer mon existance, mes choix, mes envies dans un respect des intelligences mutuelles. Alors il faut continuer à vivre dans ce double moi-même, déchirée entre deux mondes partagés  par une scission fratricide. Parfois pour continuer à avancer il faut oublier et cet oubli est déjà une trahison. Se résigner à vivre ainsi avec ce terrible sentiment d'impuissance qui fait que quelque fois, oui, il est difficile de poursuivre.

Lecture édifiante et passionnante :

Le premier siècle après Béatrice d'Amin Maalouf

Cela ne rassure pas mais à le mérite de faire réfléchir.

Walt Whitman fera le reste (le lien entre l'humanité d'hier et de demain, un thème cher à son coeur) :

II. Sur la plage, seul, la nuit
Sur la plage, seul, la nuit,
tandis que la vieille mère se balance, en avant puis en arrière, et chante sa chanson rauque
alors que je regarde l'éclat des étoiles brillantes, me vient une pensée sur la clé des univers et du futur.
Une vaste similitude entrelace toute chose,
toutes les distances d'espace si grandes soient-elles,
toutes les distances de temps,
toutes les âmes, tous les corps vivants pour différents qu'ils soient,
toutes les nations, toutes les identités qui ont existé ou peuvent exister,
toutes les vies et les morts, tout du passé, du présent, du futur,
cette vaste similitude les embrasse, les a toujours embrassés

et à tout jamais les embrassera et les tiendra
étroitement enserrés et ceints.
par Dom publié dans : Et moi qui suis-je ?
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Jeudi 11 mai 2006

Encore une de mes références : cette voix rocailleuse, capable d'émotions comme personne. Ce petit bout de femme qui peut émouvoir encore une élève de CE2 qui l'a découverte en voulant écouter notre poésie. Depuis elle l'écoute en boucle et chante sur le chemin vers le gymnase : J'men fous pas mal. C'est quand même mieux que La vie en rose de la Star Ac : (

En matière de culture pas de sous produits, c'est ma devise ! Eh bien, croyez-le si vous voulez, les élèves ont adoré (après un moment d'étonnement : à force d'écouter les voix formatées de la télé, un accent cela étonne !). Quand verrons-nous à la télé des beaux accents régionaux, des personnes comme vous et moi, des handicapés, des gens différents de leur canon de beauté stéréotypé. J'en ai assez de ces figures lisses, de ces corps trichés, retouchés : un peu de rides que diable, de peaux rouges et d'yeux fatigués. Comme je disais souvent à ma grand-mère qui caressait la peau de ma main avec regrets :

- Tu n'as rien à regretter M'a, ta peau elle a vécu, elle a porté l'histoire. Moi je n'ai que l'âge de mes mains.

par Dom publié dans : Image du jour
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Jeudi 11 mai 2006

Nous avons travaillé la période précédente sur les pirates et là, catastrophe ! Pas une poésie sur les pirates...incroyable. Les recherches sur le net furent désespérantes.

D'où l'idée (faisant suite au travail poésie en chansons) de leur faire apprendre la chanson d'Edith Piaf : le chant du pirate.

Marchant par-dessus les tempêtes,
Courant dans la vague et le vent,
Chassant les blanches goélettes,
C'est nous ça, les gaillards d'avant.
C'est nous qui sommes les corsaires,
Brigands tout comme étaient nos pères.

{Refrain:}
Ho-hisse et Ho ! Miséricorde !
Pour nous tenir au bout d'une corde,
Faudra d'abord nous attraper,
Faudra d'abord nous aborder...
Ho-hisse-ho ! Pavillon noir !
Ho-hisse-ho ! Pavillon haut !
Tant que le vent pousse la frégate,
'y a du bon temps pour les pirates.
Tant que la mer est par-dessous,
C'est le corsaire qui tient le bon bout !
Ho-hisse-ho ! Pavillon noir !
Ho-hisse-ho ! Pavillon haut !

Tant pis pour les yeux de ta mère.
Tant pis pour la reine et le roi.
Tant mieux si tu deviens corsaire.
Jésus était un hors-la-loi.
Viens donc fréquenter les étoiles.
Dormir dans le ventre des voiles.

{Refrain}

Succès assuré et une élève passsionnée nous a rapporté le CD. Comment motiver vos élèves pour leur poésie : dites-leur en chanson !!!! : )

par Dom publié dans : Image du jour
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