Petit billet drôle !
Nous avons eu beau élever notre fille dans la culture bien appuyée (Ariane Mnouchkine à 1 an, Claude Ponti à 2, Musée de peinture à 3, Tableaux divers à 4, Danse à 5), je me retrouve parfois avec une petite fashion victim. Ah la société de consommation et nous avons beau réguler la télé, à la naissance du deuxième et un peu plus (car notre petit bougeon nous a bien occupés) elle est restée plus souvent qu'alors devant Tiji, donc devant la pub. Du coup "terrible" conséquence, elle s'habille en star dos nu en plein hiver, porte un collant avec de gros coeurs, adore le rose et ce matin me disait en riant qu'il lui faudrait une troisième jambe. Etonnée je lui demandai de préciser sa pensée. Elle me répondit qu'alors elle pourrait porter une basket rose, une basket brillante (choix du matin : dernière mode inventée par elle déparailler ses chaussures !) et en plus s'ajouter une botte. D'ailleurs son grand rêve quand nous parlons de changer notre vieille 309 pourrie, cabossée, grise et qu'on doit pousser une fois sur trois (il faut d'ailleurs penser à la garer en pente, c'est un coup à prendre) elle donne son avis : une jaguar 4x4 décapotable. Ahrg ! Même mes collègues m'ont "montrée du doigt" : quelle éducation as-tu donné à ta fille !!!! Nous sommes loin de l'idéal de la tête bien faite.
Je me suis donc dit qu'il fallait réagir. Je lui redis donc la phrase type que je sors en cette situation déespérée :
- Ma chérie, (elle me regarde avec ses grands yeux innocents) tu sais, ce qui est important ce n'est pas la beauté extérieure mais...
- Celle du coeur, me répliqua-t-elle soudain sérieuse, t'inquiète pas maman, je le sais.
"Ouf gagné ! pensais-je"
- En rentrant maman, tu me prêteras ton parfum ?
Rargh ! Il est temps de retourner à la bilbliothèque, nous n'avons plus de nouveaux livres ! Vite vite culture à la rescousse !
Et sur le chemin du retour je me disais pour me rassurer : Relativisons, il fallait bien qu'elle trouve quelque chose de différent de nous pour se démarquer, le reste est bien présent.
Effet bibliothèque, l'après-midi en sortant il pleuvait, de sa jolie voix elle me dit :
"Maman, Il pleut ça dégouline parmi les collines, ça rime ?"
Là, une vague de fierté m'envahit, je l'embrasse ravie, la félicite, appelle son père (car le portable devient une autre peau en cette drôle de vie). Je pense en vrac à l'école que l'on conspue si facilement et qui lui a appris cette année les sons qui riment, à l'accès aux livres qui sont largement mis à disposition, je me souviens des spectacles que nous avons vus avec elle qui ne payait pas sa place. Vive la société solidaire et éloignée d'un libéralisme excessif dont nous ne voulons pas. Il faut défendre cette idée. Préparons des citoyens qui pensent, rêvent et font de la poésie. Ce n'est pas de l'inaction mais le véritable poumon d'une sociéte.
Enfin vous me connaissez, je suis un peu excessive !
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